Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 20:31
Au Nom de l'Art 1933-1945
Au Nom de l'Art 1933-1945

Le mercredi 20 mai 2015 à 19 h 00, à l'amphithéâtre des archives départementales du Cher (rue Heurtault de Lamerville à Bourges), le professeur Limore YAGIL sera l'invité de l'association France-Israël du Cher, pour une conférence intitulée : AU NOM DE L'ART, artistes juifs et non-juifs sous l'Occupation.

Le sujet nous renvoie aux relations existant entre artistes juifs et non-juifs avant 1940. Des réseaux d'amitiés se sont ainsi constitués et ont perduré pendant la guerre, permettant à certains de ne pas être déportés. La France, en particulier sa capitale, Paris, fut une capitale artistique entre 1919 et 1939, un lieu de liberté créatrice, passage obligé pour une reconnaissance artistique internationale. L'histoire culturelle et intellectuelle des artistes de 1918 à 1945 recoupe celle de réseaux sociaux et des relations artistiques où trajectoires individuelles et milieux artistiques se croisent autour de conceptions communes de l'art et de sa pratique orientant ainsi les choix et déterminant l'engagement des artistes.

Mme Limore YAGIL, diplômée de l'I.E.P. de Paris, chercheur associée à l'Université PARIS IV-Sorbonne, est l'auteur aux éditions FAYARD de l'ouvrage AU NOM DE L'ART 1933-1945 Exils, solidarités et engagements. Ce livre dont des exemplaires seront proposés à la vente sur place (exemplaires fournis par la Librairie LA POTERNE de Bourges) pourra être dédicacé par l'auteur.

AU NOM DE L'ART

Artistes juifs et non-juifs sous l'Occupation

conférence de

Mme Limore YAGIL, historienne
Mercredi 20 mai 2015
à 19 h 00
ENTREE LIBRE
Archives Départementales du Cher
Rue Heurtault de Lamerville
18000 BOURGES
Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 19:35
Israël Zangwill et les enfants du Ghetto de Londres

Le mercredi 09 avril 2014, l'association France-Israël du Cher accueillait Mme Brunette Spire, universitaire, ayant traduit de l'anglais l'ouvrage d'Israël Zangwill Enfants du Ghetto, édité dans sa version complète aux Editions Les Belles Lettres.

C'est un double oubli qui est ainsi réparé. L'oubli d'un homme, Israël Zangwill, auteur prolifique anglais de confession juive, ami des humbles et poil à gratter de l'establishment communautaire de son temps. Il fut aussi un membre actif du Congrès Sioniste. A la suite, du chaos provoqué, au sein du mouvement, par la proposition de Theodor Herzl de transposer, sur la suggestion du Foreign Office britannique, la création d'un foyer national juif en Ouganda, il devint le leader de la cause "territorialiste" faisant prévaloir l'importance de la création d'un Etat sur l'importance symbolique du lieu où il devrait être établi. A la suite de la déclaration Balfour, en 1917, il se rallia à la majorité de l'organisation sioniste. Oublié de l'histoire, il a cependant légué à la postérité une expression célèbre demeurant, aujourd'hui encore, le synonyme de la construction de la société américaine : le Melting Pot.

L'oubli, enfin, d'une communauté oubliée, les migrants Juifs d'Europe de l'Est, ayant posé leurs bagages dans l'East End de Londres. Ce quartier des docks est le lieu traditionnel d'arrivée des immigrants. Il accueille aujourd'hui des communautés d'Asie centrale. Ce lieu est à la fois, sous l'ère victorienne, un point de passage vers d'autres terres de migration comme les Amériques et la Palestine ottomane, mais aussi le point de départ d'une vie nouvelle. Les voyageurs apportent avec eux la langue et la culture du Shtetl et du Ghetto. Tout un mode de vie tiraillé entre le respect des traditions et l'aspiration à l'assimilation. Une contradiction qui ne va pas sans heurt dont le ridicule est souligné avec tendresse et humanité par Israël Zangwill. C'est toute une communauté qui se confronte aux modes de vie britannique sous l'œil inquiet de leurs prédécesseurs en migration, la communauté séfarade établie en Angleterre depuis la fin du XVIIème siècle.

Initialement publié en plusieurs volume, l'ouvrage est livré en traduction, augmentée d'une étude sur la vie et l'œuvre de l'auteur par Mme Spire, pour la première fois dans sa version intégrale en langue française.

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 22:56

Du 27 juin au 16 septembre 2013, le Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher, accueille le travail d'Emmanuel Berry, photographe, dans la salle des expositions temporaires.

 

"Paysages alentours" n'est pas un documentaire mais un document. Ces clichés argentiques en noir & blanc posent la question de la transmission de la mémoire. Le silence emplit soudain les rues et la périphérie d'Oswiecim. Les clôtures des jardins évoquent d'autres barbelés. Des rails affleurent les herbes folles poussées au milieu de nulle part. Des arbres tourmentés témoignent en silence d'autres tourments. Un canal drainant les eaux des terrains marécageux s'étire jusqu'à un rideau de bouleaux, derrière lesquels la mémoire reconstitue l'unité "Canada".

 

"Paysages alentours" interroge les limites du  camp d'extermination d'Auschwitz, en l'absence d'images directes du site. A rebours de l'iconographie traditionnelle, le photographe Emmanuel Berry fait dialoguer le visible et l'invisible dans ces paysages alentours témoins silencieux de l'indicible.

 

Voir le site du musée : http://www.resistance-deportation18.fr/?article249

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 18:24

stelemachar.jpgLe dimanche 23 juin 2013, l'association France-Israël du Cher s'est associée à l'hommage rendu au village de Jugeals-Nazareth, en Corrèze. Cette paisible localité du Limousin accueillit, entre 1933 et 1935, l'une des trois fermes-écoles ouvertes en France devant servir de point de départ de la montée en Israël de Juifs issus d'Allemagne, d'Autriche, de Russie et de Pologne.

 

Nazareth, un nom prédestiné. De retour de Terre Sainte, des croisés trouvèrent une similitude entre la Galilée et leur causse de Corrèze. C'est ainsi qu'il baptisèrent leur village : Nazareth. C'est en ce même lieu que fut ouvert, en décembre 1933, une ferme-école fonctionnant sur le mode du kibboutz. Dénommé MACHAR ("demain" en hébreu), ce kibboutz se voulait un tremplin pour l'Aliyah vers la Terre historique du peuple Juif, afin de préparer l'avènement du futur Etat d'Israël.

 

Avec l'arrivée au pouvoir du régime nazi en Allemagne, en janvier 1933, la politique antisémite des autorités polonaises, de même que celle de la récente Union Soviétique, le comité national de secours, organisation israélite, convainc les autorités françaises de faire de la France une terre de refuge et de transit pour les Juifs en partance pour la Palestine. Il s'agit de répondre à l'afflux d'immigrés victimes de l'antisémitisme en Europe.

 

A cette fin, le comité négocie la location d'une soixantaine d'hectare sur la commune de Jugeals-Nazareth. Le comité s'appuie sur Hehaloutz, une organisation sioniste, pour enseigner aux futurs élèves les bases de l'agriculture, ainsi que l'hébreu, afin de pouvoir partir s'installer dans les kibboutz d'Israël.

 

De décembre 1933 à avril 1935, plus d'une centaine de jeunes se succède au kibboutz MACHAR. Ils vivent dans conditions précaires. L'été, quand l'eau du puits vient à manquer ils parcourent des kilomètres pour remplir des seaux à une source, au bas d'un ravin. Ils deviennent rapidement familiers aux habitants de la région auxquels ils vendent les produits de la ferme sur les marchés et en fréquentant les bals, en fin de semaine.

 

Leur mode de vie, typiquement kibboutznik, ne manque pas toutefois d'étonner les corréziens de ce début des années trente. En particulier, "les filles en short" travaillant comme les garçons ne correspond pas aux traditions rurales de ce temps. Ce sont cependant des considérations moins folkloriques et plus politiques qui vont entraîner la fin de cette expérience du Kibboutz en France.

 

L'afflux de réfugiés allemand, dès 1933, fait en effet craindre une concurrence pour la main-d'oeuvre nationale. De plus, l'orientation politique de gauche de ces réfugiés est perçue comme un danger pour la sûreté nationale. La France réduit son accueil de réfugiés à partir du mois d'octobre de la même année. Si la sûreté autorise l'établissement de cartes d'identité pour les réfugiés allemands, elle considèrent que les autres peuvent rentrer librement dans leur pays d'origine. Or nombre de ces jeune gens se trouvent être des apatrides.

 

Le sous-préfet va se livrer à un véritablement acharnement contre les résidents du Kibboutz de Jugeals-Nazareth. Les gendarmes sont dépêchés plusieurs fois par semaine, afin de contrôler leur situation aux regards des lois sur le séjour des étrangers.Multipliant les rapports de basse police, le Ministère de l'Intérieur décide, en février 1935, de dissoudre cette communauté agricole dans un délai d'un mois. Les démarches du sénateur corrézien Henri de Jouvenel seront sans effets. A la mi-avril 1935, le Kibboutz MACHAR annonce sa dissolution.

 

Malgré sa brève existence, le kibboutz MACHAR a permis à plus d'une centaine de Juifs d'Europe d'échapper aux persécutions antisémites. C'est la raison pour laquelle Jean-Michel DELPEUCH, vice-président de France-Israël Limousin, son Président, André COHIGNAC, l'association "Hommage aux Villages de France", accompagnés par le maire de la commune de Jugeals-Nazareth, le Comité corrézien du Souvenir Français, et l'Ambassade d'Israël en France, ont tenu à rappeler cette histoire qui relie la France et Israël en inaugurant une stèle et une plaque commémorative.

 

NAZARETH.jpg

 

Source : Anne Grynberg, Les Cahiers du Judaïsme n°30, novembre 2011

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 19:16

confjuin2013.jpgLe peuple d'Israël est surnommé Le Peuple du Livre. Il est aussi le peuple des livres. Sa littérature déborde les seuls commentaires de la Thora. Pourtant, qu'elle soit hébraïque, latine, yiddish ou germée dans une des langues parlées à travers le monde, cette littérature recèle une identité marquée par l'exil, les périls et le souvenir d'une terre promise.

 

Ces lectures d'Israël dresseront un panorama de la littérature "juive" d'hier et d'aujourd'hui, diasporique et israélienne le

 

Jeudi 20 juin 2013

à 20h00

Salle Alain Fournier

Maison des associations de Bourges

28 rue Gambon

18000 BOURGES

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 14:47

Le dimanche 28 avril 2013, journée du souvenir des déportés, était aussi le jour de commémoration du massacre des Puits de Guerry. Autour du Colonel Bistour, Président du Comité berruyer du Souvenir français, de M. Jeanclos et des familles des victimes, se sont rassemblés M. le Préfet du Cher, les autorités civiles et militaires du Cher et de la Région Centre, ainsi que les habitants du département, pour rendre hommage aux 36 victimes de ces terribles journées de juillet et août 1944.

 

Une circonstance effroyable relie notre département à la Shoah. En juin 1944, alors que les alliés posent le pied sur les plages de Normandie, les maquis de Saint-Amand-Montrond s'emparent de la ville. Un choix motivé par la présence de l'épouse et de la mère du bras droit du responsable de la Milice Joseph Darnand. Celles-ci sont capturées, ainsi qu'une poignée de miliciens. L'armée allemande envoie des renforts stationnés près de Moulins pour reprendre la ville aux mains de la Résistance française. De son côté, la Milice dépêche Joseph Lécussan, le sinistre assassin de Victor Basch et de sa femme. En approchant de Saint-Amand-Montrond, les miliciens découvrent, suite à une dénonciation, la présence de deux familles juives ayant fui Paris, en juillet 1942,  au lendemain de la rafle du Vel'd'Hiv. Dans les jours suivant, Philippe Henriot, collaborationniste parisien, est assassiné. La presse pétainiste en rajoute, s'il est encore possible à cette sombre période, dans la vindicte antisémite. Joseph Lécussan se fait remettre la liste des familles juives recensées dans le département du Cher. La chasse aux résistants se transforme, dès le début juillet, en chasse aux Juifs. Les familles arrêtées dans le Saint-Amandois sont internées dans le cinéma de la ville.

 

Joseph Lécussan se rend à Bourges, au siège de la S.S., rue Michel de Bourges, pour demander le soutien des autorités allemandes. Celles-ci opèrent le transfert des familles arrêtées à la prison du Bordiot. La Maison d'Arrêt étant sous contrôle des autorités d'occupation, l'affaire glisse sous contrôle direct de la S.S.. Le Chef du Sicherheit Dienst (S.D.) pour la région Centre, faisant état de l'impossibilité d'organiser un convoi à destination de "l'Est", donne l'ordre à la S.S. de Bourges de régler la question sur place. A la fin du mois de juillet et début août 1944, trois convois emmènent 37 hommes et femmes sur le polygone, à la sortie de Bourges, à la ferme de Guerry, au milieu des bois de Savigny-en-Septaine. Lors du premier convoi, auquel participe le S.S. français Paoli, Charles Krameisen s'échappe en courant pieds nus à travers le bois.

 

Dès septembre 1944, à la libération de Saint-Amand-Montrond, Charles Krameisen raconte ce dont il a été témoin. Dans les semaines suivantes, la ferme de Guerry est identifiée comme le lieu probable de destination des convois. Le puits situé dans la cour de la ferme révèle en effet la présence des bagages des prisonniers. Le terrain est fouillé à la recherche d'une éventuelle fosse commune, en vain. Poussant plus loin les investigations, les comités de résistance découvrent un puits, hors du corps de ferme, renfermant des cadavres de femmes et de trois hommes. Un troisième puits est plus tard fouillé renfermant les cadavres des hommes du premier convoi.

 

La ferme de Guerry fut ainsi le témoin d'un fait relevant de l'extermination des Juifs d'Europe. Le S.S. Paoli, originaire d'Aubigny-sur-Nère est arrêté au cours de sa cavale. Son procès, essentiellement tourné sur son implication dans l'arrestation et l'exécution des résistants comme certains des acteurs français de cette tragédie, met néanmoins au jour sa participation directe au premier massacre perpétré à Guerry. Son interrogatoire reste plus flou s'agissant des responsabilités allemandes. Sa condamnation à mort rapide, permet ainsi aux allemands de la S.S. d'échapper à leurs responsabilités. Les rares seconds couteaux inquiétés se défausseront pour l'essentiel sur les donneurs d'ordre. Merdsche, le donneur d'ordre, quant à lui, connaît après-guerre une carrière de Juge Fédéral en République Fédérale d'Allemagne sans avoir à répondre des présomptions de crimes contre l'humanité pesant sur lui.

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 19:28

La carte du Proche-Orient échappe à l'évidence. Les bornes antiques ont disparu. Il ne reste que le souvenir entretenu par les traditions religieuses. Encore sont-elles fluctuantes, dépendants de la main des scribes. La Bible retient une terre s'étendant de Dan à Beersheva. La Judée succomba à l'impérialisme romain. Hadrien voulut éteindre son souvenir en la dénommant Palestine, se comparant à Goliath, réécrivant l'histoire. La Judée devint l'arrière-pays de la Province de la Syrie, statut qu'elle conserva après les invasions arabes des VIIème et VIIIème siècles. L'Europe chrétienne l'assimila à la Terre Sainte, entité non délimitée par des frontières tangibles, recouvrant une zone comprenant les actuels Etats du Liban, de Syrie, d'Israël et d'Egypte. La Palestine qualifiée d'historique par le sionisme comme par les mouvements nationalistes arabes ne révèle un cadre territorial distinct qu'au XXème siècle.

 

A la veille de la 1ère Guerre Mondiale, les cartes ottomanes révèlent des collectivités proche-orientales morcelées en districts. Le villayet de Beyrouth occupe la côte méditerranéenne de la Turquie au Sinaï. Les terres de l'arrière-pays syrien se décomposent en villayets et sandjaks. Après l'entrée en guerre de l' Empire ottoman aux côtés de l'Axe, Français et Britanniques préparent en secret le démantèlement de la Sublime Porte. Ils se partagent le villayet de Beyrouth, les Britanniques ajoutant à leur zone d'influence future les sandjaks de Maan et de Hauran, jusqu'aux rives de l'Euphrate. Paris et Londres décident de s'appuyer sur la figure emblématique de la dynastie Hachémite régnant sur La Mecque, pour s'assurer le soutien des populations arabes autochtones. L'émergence du mouvement sioniste, depuis 1897, amène la Grande-Bretagne à délivrer l'engagement de permettre aux Juifs d'installer un foyer national juif en Palestine, à travers la déclaration Balfour. Un "foyer" et non un Etat, l'Angleterre étant désireuse de ne pas nuire à son ambition d'instaurer un dominion au Proche-Orient.

 

  La révélation par la Russie, en 1918, des accords-secrets franco-britannique entraîne une révision du projet initial. Elle suscite, de surcroît, une lettre ouverte d'un groupe pan-arabe de Damas s'opposant tout à la fois aux ambitions britanniques et à l'idée d'un foyer national juif en Palestine. Tout en proclamant l'existence d'un territoire de Palestine, ils le reduisent cependant à la province méridionale du territoire global de la Syrie. La conférence de la paix de 1919 s'ouvre en Europe sur fond de violences dans les anciens territoires ottomans. En 1920, par la conférence de San-Rémo, complétée par le Traité de Sèvres, la Grande-Bretagne arrache à la Société des Nations un mandat pour assurer l'avenir du Proche-Orient. Le Traité fixe le territoire de la Palestine, de la Méditerranée à l'Euphrate et de la nouvelle frontière libano-syrienne aux confins du Sinaï et de l'Arabie. Toutefois le traité prévoit, in fine, la création, à l'ouest du Jourdain, d'un Royaume Transjordanien. La famille Hachémite obtient ainsi une compensation pour son engagement auprès des britanniques qui lui a coûté sa domination sur la ville sainte de La Mecque. De fait, la Palestine, à peine créée, se trouve ainsi amputée de près des deux tiers de sa surface. Cette décision tend à rendre impraticable l'émergence, autour des populations autochtones, de nations régionales indépendantes sur ce qui reste de la Palestine.

 

Toutefois la Grande-Bretagne ne parvient pas à endiguer les oppositions qui, sur le terrain, donnent périodiquement lieu à des heurts violents. Le mouvement sioniste réclame la mise en oeuvre de son propre Etat. Le mouvement arabe proclame son allégeance à Damas. Tous se retournent à un moment ou à un autre contre le mandataire britannique perçu comme un colonisateur impérialiste. Londres multiplie les commissions entre les années 20 et 30 pour proposer des livres blancs et des plans de partage qui attisent plus la violence endémique qu'elle ne l'apaise. A la fin de la 2nde Guerre Mondiale, le Royaume-Uni, exsangue après sa lutte contre le nazisme, s'en remet à la nouvelle Organisation des Nations Unies pour se décharger d'un fardeau couteux en hommes et en budgets militaires. En 1947, un plan de partage est adopté, divisant le pays en un Etat juif et un Etat arabe, imbriqués et divisés chacun en trois zones du Nord au Sud.

 

Le 14 mai 1948, les Juifs de Palestine proclament l'indépendance d'Israël. Aussitôt le nouvel Etat est assailli par 5 nations arabes. Les lignes de cessez le feu, définies par l'accord d'armistice, fixent un cadre territorial qui, dans les décennies suivantes, évoluera peu. Au sud, la Bande de Gaza est annexée par l'Egypte. Au centre, la Judée-Samarie, qui devient, à partir de cette période dans le langage diplomatique, la Cisjordanie est annexée par la Transjordanie. Jérusalem destinée à relever d'un corpus separatum dans la décision onusienne de 1947, est coupée en deux, les Jordaniens occupant la partie orientale d'où sont expulsés les Juifs. Le référendum sur le devenir national de la ville qui aurait du intervenir, au plus tard, le 1er octobre 1958, selon le plan de partage de 1947, n'aura jamais lieu. Sur les cartes de Rhodes, la ligne d'armistice entre Israël et la Jordanie est surlignée en vert, donnant naissance à la "Ligne Verte".

 

La Guerre des Six Jours, en 1967, met fin à l'annexion égyptienne de Gaza et jordanienne de Cisjordanie. Les murs qui coupaient la municipalité de Jérusalem en deux tombent. La ville réunifiée, après 18 ans de division, est annexée par Israël. En 1977, l'Egypte renonce à ses prétentions sur Gaza, en échange d'une solution négociée de la question arabe palestinienne. La Jordanie abandonne de même ses prétentions sur la Cisjordanie, le 26 octobre 1994. La conférence de Madrid qui fait suite à la 1ère Guerre du Golfe fait entrer les ennemis d'hier en pourparlers. Elle a pourtant été précédée de discussions secrètes entre Israël et l'OLP, à Oslo. Celle-ci vont déterminer un processus de négociation destiné à vider le différend entre la partie juive et arabe de sa substance. Ce processus repose sur des négociations directes entre les deux parties. Les seconds accords de Washington, de 1995, créant une structure administrative arabe palestinienne, préparent le cadre territorial d'un futur Etat arabe. Ce cadre transitoire fixe trois zones (autonomes, mixtes et contrôlées) dans l'attente d'un réglement définitif du conflit dont dépend le statut territorial définitif de l'Autorité palestinienne.

 

La seconde Intifada, en octobre 2000, est venue interrompre ce processus. Si l'évacuation des implantations israéliennes de la Bande de Gaza, en 2005, n'a pas remis en cause le principe de continuité territoriale entre Gaza et la Cisjordanie, fixé par le processus d'Oslo, le différend politique inter-palestinien y porte objectivement atteinte. Le dessin définitif de la partie territoriale de Cisjordanie reste quant à lui suspendu à une reprise des négociations. Si la guerre est aux nations ce que la justice est aux hommes, alors force est d'admettre qu'un mauvais arragement est préférable à un bon procès.

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 21:52

imagcart.jpgLa carte et les territoires : état des lieux d'Israël et de l'Autorité palestinienne.

 

Israël et la Palestine, une évidence pour nombre d'observateurs et de commentateurs. Pourtant où se tient l'évidence pour une terre dont le nom semble nécessairement osciller entre deux pôles opposés ? Comment dessiner les contours d'une terre qui semble échapper à la sagacité des cartographes et des géomètres ? L'historien, lui-même, ne sait où poser le regard sans oublier un pouce de terrain ni déborder sur des histoires territoriales distinctes. Pays où coule le lait et le miel, espace d'un rêve prophétique, témoin de la parousie, cette terre, par les visions qu'elle a suggérées, semble davantage relever de la poésie que des atlas.

 

C'est cependant sur cette terre que se dessine l'avenir d'Israël et de l'Autorité palestinienne. Une terre disputée entre deux peuples ? A moins qu'il ne s'agisse de deux terres pour deux peuples ? Il convient dès lors de choisir entre la fatalité de la tragédie ou le triomphe de l'espoir.

 

Au-delà des présupposés et des luttes d'opinions, il y a le fait humain, géographique et politique. Il ne se décrète ni se sermonne. Il se construit. Il est le fruit d'une histoire. Les limites territoriales de ce morceau de Proche-Orient ont surgi à l'aube du XXème siècle. A l'aube du siècle suivant qu'en est-il ?

 

C'est pour tenter de tracer la carte de ces territoires qu'il convient de dresser l'état physique et politique des lieux qui font Israël et l'Autorité palestinienne.

 

La carte et les territoires : état des lieux d'Israël et de l'Autorité palestinienne

une conférence de l'association France-Israël du Cher

Mercredi 03 avril 2013

à 20 heures 15

Maison des Associations de Bourges

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 22:59

Qu'allaient-t-ils faire dans cette cabane ? pourrait s'étonner un Géronte en observant ses voisins juifs dresser des tentes dans leurs jardins, sur leurs terrasses ou au pied de leurs maisons. Il faudrait alors qu'un Scapin lui signale que c'est la fête de Souccoth, désignée dans la traduction chrétienne des écritures par "fête des tabernacles".

 

La souccah est une cabane, une habitation temporaire. Si l'on ne craint pas un amalgame avec le camping des Flots Bleus, c'est une tente. Celle-ci évoque moins les congés payés que le nomadisme initial des hébreux, ainsi que la fuite d'Egypte. La fête de Souccoth (pluriel de souccah) va sans doute au-delà d'une simple redite de Pessah (commémorant précisément cette fuite).

 

Elle suit, dans le calendrier, les fêtes de Rosh Hashana (nouvel an) et de Kippour. Comme d'autres calendriers antiques, l'année s'achève avec les récoltes. L'année débute par la jouissance des fruits du travail, lesquels dans une optique religieuse ont été accordés à l'homme par Dieu. Passé le temps de l'expiation et du pardon, les hommes comme l'ensemble des créatures sont réinscrits dans le Livre de la Vie pour une année nouvelle. Celle-ci annonce un nouveau cycle. C'est l'occasion de rendre des louanges au Seigneur.

 

Cette cabane peut être un lieu de vie annexe durant la fête. Toujours dressée à l'extérieur du logis de la famille, elle doit être au moins assez grande pour y manger et y dormir. Durant ces jours, des sanctifications sont prononcées sur le vin et sur les fruits. Elle doit être bâti en bois, en tissus produits à partir de fibres naturelles d'origines végétales, voire en branchages. Ni pierre ni clous ni vis. Elle est par essence temporaire et doit pouvoir être démontée et remontée rapidement. Le toit est constitué de branchages et de feuillages. Il doit absolument laisser voir le ciel, durant la journée, et la lune durant la nuit. En fait, il serait également possible de se passer de toit.

 

Cette construction rappelle que nous ne sommes que de passage et que la nature obéit à des cycles immuables. Souccoth est aussi une fête de réjouissance et d'espérance, alors que les jours déclinent. Elle revient à entrevoir, à l'entrée de l'automne et de l'hiver, les récoltes à venir qui hier ont réjoui nos coeurs et réjouiront d'autres coeurs dans le futur.

 

Hag Sameah, Bonnes fêtes !

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article
29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 17:38

La fête des associations de Bourges (23 septembre 2012) fut l'occasion pour les visiteurs de se familiariser avec l'alphabet hébraïque et de goûter des pâtisseries cachères.

 

"Parlez-vous hébreu ?" La question était sur toutes les lèvres, lors de cette nouvelle édition 2012 de la fête des associations de la ville de Bourges. L'association France-Israël du Cher présentait l'alphabet hébraïque, son histoire (de l'écriture d'Ougarit à l'écriture Achouri), les rapports entre lettres, numérologie et kabbale, ainsi que les permanences et les évolutions de l'hébreu moderne. Armé d'un calame et d'encre, nous avons proposé à nos aimables visiteurs d'écrire leur nom en hébreu. Si de nombreux prénoms ont une origine biblique (et par conséquent hébraïque), d'autres trouvent leur source dans l'onomastique grecque, germanique ou anglaise. Pour ces derniers il convenait de procéder à une translittération.

 

Translittérer signifie passer d'une écriture à une autre, en l'occurrence d'un alphabet à l'autre. Un exercice imposant de se rappeler que les mots issus d'une langue étrangère peuvent avoir une particularité graphique particulière (T remplacé par un Têt au lieu du Tav, à moins que le nom ne soit féminin !!! sic !) et que les voyelles, généralement sous-entendues, obéissent parfois à un ordre graphique particulier lorsqu'elles sont figurées par des semi-consonnes. Un exercice périlleux pour tout hébraïsant grand débutant. Heureusement l'oeil du gardien était sur le stand et regardait par-dessus l'épaule du sofer (l'écrivain). Les plus téméraires se sont armés d'un feutre et, d'un oeil attentif, ont pioché dans l'alphabet qui s'offrait à eux pour écrire au tableau chacune des lettres composant leur nom. En quittant le stand, l'hébreu ne pouvait plus demeurer de l'hébreu.

 

L'arbre des séfirot accrochait le regard des visiteurs. Cette représentation des dix émanations kabbalistiques de la divinité a alimenté bien des discussions, tout au long de la journée. Pourquoi parler de kabbale ? A cause de la valeur numérique de chacune des 22 lettres de l'alphabet, analysées par les kabbalistes pour décrypter, via la gematria, le sens secret de la Torah. Les échanges furent particulièrement fructueux.

 

Tout au long de cette journée, les rencontres furent nombreuses et riches pour tous. L'alphabet a apaisé les esprits et les pâtisseries, les estomacs. Serge Lepeltier,maire de Bourges, et Yann Galut, député de la 3ème circonscription, ont visité le stand. En fin de journée, des airs israéliens ont également résonné dans les allées de la fête des associations. Un boeuf impromptu et amical (promis je vais réviser mes standards, message personnel).

 

Un grand merci aux bénévoles, aux indriens, aux israéliens expatriés, aux visiteurs berrichons et berruyers.

 

Repost 0
france-israel18.over-blog.org - dans France-Israël du Cher
commenter cet article