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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:19

Ce dimanche 22 juillet 2012, la cérémonie d'hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France prenait des accents particuliers.

 

Cette année marque le 70ème anniversaire de la rafle du Vél' d'Hiv'. Le 16 juillet 1942, suite aux accords conclus entre le SS Oberg et le français René Bousquet, la Préfecture de police de Paris déployait ses fonctionnaires pour procéder à l'arrestation des familles juives résidant à Paris. Une arrestation facilitée par les lois antisémites du Gouvernement français de Vichy ayant fait obligation aux Juifs de se faire recenser et d'acheter les coupons de tissus destinés à la confection des étoiles jaunes. Une obligation touchant la totalité des Juifs vivant en France, français ou étrangers. Contrairement aux allégations de Vichy (curieusement reprises, en cette année 2012, par les médias français), tentant ignominieusement d'alléger sa responsabilité et sa faute en 1945, ce sont les Juifs de France et les Juifs réfugiés qui étaient visés par cette rafle. Les lois raciales ayant également abrogé les naturalisations établies depuis 1926, des milliers de Français étaient devenus étrangers sur leur propre terre. Ce sont ces hommes, ces femmes et ces enfants qui furent arrêtés, à l'aube, à leur domicile, par la police française et parqués durant plusieurs jours au Vélodrome d'Hiver. Ils furent ensuite parqués à la Cité de la Muette à Drancy dans des conditons sanitaires atroces, sous surveillance des autorités françaises. Drancy devint pour eux l'antichambre des convois vers le camp d'extermination d'Auschwitz. Vichy se félicitait de cette action menée par des français, arguant, de façon abjecte, qu'elle témoignait du plein exercice de la souveraineté de son gouvernement sur son territoire.

 

A partir de cette date, les autorités pourchassèrent les Juifs sur l'ensemble du territoire avec un zèle peu commun avec ce qui se vit, à la même période, dans d'autres Etats occupés. Dans les derniers mois de l'occupation, les gestapistes français Lafont et Bonny (respectivement ex-proxénète et ex-inspecteur de police radié des cadres) enrôlèrent les travailleurs nord-africains de la région parisienne dans la "Légion nord-africaine" pour mener la  chasse aux maquisards et aux Juifs dans le Sud-Ouest de la France. La Milice de Darnand ne fut pas en reste. C'est elle, sous les ordres de Lécussan, qui procéda à l'arrestation des Juifs dans la région de Saint-Amand-Montrond, en juillet 1944. Ceux-ci furent livrés au Sicherheit Dienst de Bourges et incarcérés à la Maison d'Arrêt du Bordiot. C'est de là que le SS français Paoli fit partir trois convois de camions en direction de la Ferme de Guerry (commune de Savigny-en-Septaine) pour assassiner les prisonniers.

 

Dès lors il est possible de comprendre l'émotion qui a saisi la France, en cette année commérative 2012, lorsque Mohamed Merha a assassiné trois enfants et un père d'élève à l'Ecole Ozar Hatorah, à Toulouse. Rien ne distingue le nazisme et le fascisme français du djihadisme. Une même idéologie raciste, intolérante et meurtrière les animent. Se refuser à tirer le parallèle entre ces évènements que 70 ans séparent revient à condamner ce "devoir de mémoire" que nous récitons béatement chaque année à de pitoyables pantomimes. C'est priver les générations futures de tout avenir possible. La fraternité et la tolérance ne sont ni de simples mots ni des voeux pieux.

 

Pourtant des hommes et des femmes, par le passé, ont eu à coeur de faire vivre ces deux notions en tendant la main à ceux qui étaient traqués en raison, non pas de leur religion, mais de leur naissance et de leur existence même. Ce sont ces Justes français que cette journée met également à l'honneur. Le paradoxe de l'histoire veut que parmi eux se trouvait aussi des étrangers vivant en France durant ces heures sombres. Varyan Fry à Marseille, journaliste de citoyenneté américaine, ou Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux. A ces Justes revient l'honneur d'avoir contribué à maintenir vivant l'idée même d'humanité quand tout invitait à l'effroyable bestialité et à réduire les rapports entre les hommes à une lutte des loups entre eux.

 

Après la lecture du message de Monsieur le Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants par M. le Secrétaire Général de la Préfecture du Cher, M. Zeller, il a été procédé aux dépôts de gerbes par les associations et les institutions : l'association du souvenir des familles des victimes des Puits de Guerry, l'association France-Israël du Cher, l'Office National des Anciens Combattants, le conseil régional du Centre, la Municipalité de Bourges et la République française représentée par M. le Sous-Préfet.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 19:38

medjustes_18_052012.jpg"Qui sauve une vie, sauve l'univers !" Cette affirmation issue du judaïsme rappelle le devoir fondamental de l'homme de s'assurer de la vie de son prochain. Aux heures les plus sombres du XXème siècle, des hommes et des femmes ont volontairement désobéi à l'ordre des autorités, faisant interdiction à quiconque d'héberger et de secourir les personnes de confession juive, pour aider des civils pourchassés, à raison de leur naissance et de leur religion, par les nazis et leurs complices. Simples particuliers dont les valeurs s'opposaient à cette "chasse à l'homme", membres de réseaux associatifs, civils, policiers, membres de la Résistance, les Justes ont sauvé des vies et contrecarré les velléités exterminatrices des autorités de l'époque. Le dimanche 13 mai 2012, une Juste berruyère était honorée par l'Etat d'Israël et la République française pour son action.

 

Simone Pasquet est née en 1913, à Bourges. En 1938, elle est nommée professeur d'anglais en Alsace où elle fera la connaissance de Lucie Aubrac. A l'automne 1939, avec l'entrée en guerre, les villes frontalières d'Alsace sont évacuées. C'est à Perpignan que sa route croise celle d'Otto Weinmann. Après une tentative de passage de la frontière espagnole, blessé à la cheville, Otto Weinmann est recueilli par Simone Pasquet qui est entrée dans la Résistance. Elle lui fournit des faux-papiers et invente, pour l'occasion, un état civil imaginaire pour Otto Weinmann. Celui-ci parlant le français avec un fort accent, trahissant ses origines autrichiennes, Simone Pasquet le fait naître dans un village du nord de la France, frontalier avec la Belgique, pour camoufler cet accent. Elle s'est assurée, au préalable, que la mairie de ce village avait bien brûlé durant l'offensive allemande de 1940 et que les archives de l'état-civile avaient été détruites. Muni de ce sauf-conduit, Otto Weinmann passera l'Occupation dans la clandestinité qui l'entraînera à Lyon puis à Joué-Les-Tours.

 

Après la Libération, Otto Weinmann retourne à Vienne. Dans les années 60 et 70, il se lance à la recherche de celle qui lui a sauvé la vie. Simone Pasquet, qui compta, après la guerre, parmi les trois pionnières de la première promotion de l'ENA ouverte aux femmes, s'est d'abord établi dans le Bas-Rhin, avant d'abandonner la haute fonction publique pour élever ses enfants. En 1983, Otto Weinmann la retrouve à Bourges. Les visites et les correspondances, entre Bourges, Paris et Vienne, se multiplieront jusqu'au décès d'Otto Weinmann, en 2010.

 

C'est sa fille, Dorit, qui rend hommage à l'action de Simone Pasquet : "Sans vous, je ne serais pas ici, aujourd'hui." La petite-fille de Mme Pasquet, non sans émotion, témoigne de la fierté qu'elle éprouve pour sa grand-mère dont l'ensemble de son action, durant la Seconde Guerre Mondiale, a été mise en lumière à l'occasion de la préparation du dossier pour l'obtention du titre de Juste parmi les Nations. "Je n'ai pas l'impression d'avoir fait quelque chose de sensationnel." déclare modestement Simone Pasquet qui a agi, selon ses valeurs, de manière naturelle.

 

Didier Cerf, vice-président du comité français pour Yad Vashem, a rappelé l'action de cette institution israélienne pour donner un nom à chaque victime de la Shoah. L'allée des Justes, à Jérusalem, dans les jardins de l'Institut-Mémorial, rappelle aussi les noms de ces hommes et des ces femmes qui ont secouru les Juifs persécutés pendant la guerre. Le temps presse car les sauveteurs, ceux qui leur doivent la vie et les témoins, bientôt ne seront plus. Il lance un appel pour signaler les personnes qui méritent d'être honorées par l'Etat d'Israël. Car la médaille des Justes est la plus haute distinction conférée par le gouvernement israélien, comme le note Mme Corinne Levis, attachée de l'ambassade d'Israël à Paris. Celle-ci est conférée après un examen du dossier par une commission présidée par un juge de la cour suprême d'Israël. Il y a tant de Justes à remercier, au nom du peuple Juif. En 1995, le Président de la République française, Jacques Chirac, a tenu à honorer les Justes français. C'est la raison pour laquelle le maire de Bourges, Serge Lepeltier, a remis à Mme Simone Pasquet l'insigne de Chevlaier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur.

 

Cette cérémonie digne et émouvante s'est tenue en présence des familles Pasquet et Weinmann, en présence de M. le ministre Bernard Kouchner, venu à titre privé, de parlementaires (Y. Fromion, L. Cosyns), d'élus municipaux et départementaux (I. Félix), de M. le Maire de Saint-Amand-Montrond (T. Vinçon), de représentants de la communauté juive, de la Fondation Europe de la Mémoire et de l'association France-Israël du Cher.

 

Source :

 http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/bourges-et-environ/2012/05/14/cette-berruyere-a-ete-faite-juste-par-israel-et-a-recu-linsigne-de-chevalier-de-la-legion-dhonneur-1167030.html

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 13:18

guerry_2012.jpgEn ce jour du souvenir des déportés, il a été rendu hommage aux victimes des Puits de Guerry. En juillet 1944, la Milice, menée par Joseph Lecussan (l'assasin de Victor Basch), passe de la chasse aux Résistants à la traque des Juifs dans la région de Saint-Amand-Montrond. L'action avait été planifiée avec le S.D. de Bourges, dès le 14 juillet. Les familles juives arrêtées par des français de Vichy sont transférées à Bourges, à la prison du Bordiot, sous autorité allemande. Fin juillet et début août, des hommes et des femmes sont extraits de leurs cellules par des membres du S.D., dont le gestapiste français Paoli, originaire d'Aubigny-sur-Nère. L'autorité régionale de la S.S., à Orléans, a donné l'ordre de "régler le problème" sur place, faute de pouvoir organiser un convoi vers l'Est via Drancy. 35 personnes, hommes et femmes, sont jetés vivants pour la plupart dans deux puits se trouvant dans la ferme abandonnée de Guerry, commune de Soye-en-Septaine. Charles Kremeisen qui a trompé la vigilance de l'escorte et qui s'échappe à travers bois témoignera dès la libération, en septembre, du massacre perpétré à Guerry.

 

En présence du directeur de cabinet de M. le Préfet, des autorités civiles et militaires et des familles de victimes, il a été rendu hommage aux victimes du massacre. Le colonel Bistour, pour le comité berruyer du Souvenir Français, et M. Jeanclos ont rappelé les évènements tragiques qui se déroulèrent en ce lieu, en 1944. L'occasion de rappeler l'importance de rapporter cette histoire et celle de la Shoah pour que de tels tragédies ne se reproduisent plus. Il a été procédé à la lecture des noms de chacune des victimes et d'un poème par leurs descendants. A l'issue du dépôt des gerbes par les autorités, les familles et associations associées fut respectée une minute de silence.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 20:16

yagil_bourg2.jpgC'est au soir d'une journée particulière que l'association France-Israël du Cher, s'est réunie pour une conférence historique à l'amphithéâtre des Archives Départementales et du Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher. Au matin du 19 mars 2012, en effet, l'école juive Ozer Hatorah de Toulouse avait été le théâtre d'une tragédie. 3 enfants et un adulte ont été tués à bout portant par un tueur ayant perpétré, dans les jours précédents, l'assassinat de militaires à Montauban et à Toulouse. Le président est revenu sur cette tragédie. Il a dénoncé le caractère raciste de ces faits, paraissant être le dénominateur  commun de ces faits divers. L'association prend part à la douleur de la communauté juive toulousaine endeuillée. Le président a transmis les condoléances exprimées, plus tôt dans la journée, par Monsieur le Préfet du Cher, Nicolas Quillet à la communauté israélite.

 

Le racisme et l'antisémitisme, des maux qui rongeaient l'Europe des années trente et quarante. Ils furent à l'oeuvre dans la Shoah. Pourtant, au fond de la nuit, la France fut aussi une terre d'asile. C'est la surprenante conclusion du Professeur Limore Yagil. Si 80.000 juifs français et étrangers ont péri, plus de 250.000 ont survécu. Une situation paradoxale qui tire son origine de la désobéissance civile.

 

Attitude individuelle, dès 1940, elle se généralise et prend la forme de réseaux d'entraide, souvent composés des mêmes personnes ayant un lien antérieur entre elles. Les mêmes personnes, qui s'étaient engagées en faveur des réfugiés en France, dans les années 30, vont se charger de secourir les Juifs dans la décennie suivante.

 

Limore Yagil étudie la contribution de différents corps de métiers. Des professionnels de santé (médecins, infirmières, assistantes sociales) mais aussi des enseignants, des scientifiques et des artistes désobéirent. Plus complexe et ambigüe est la contribution des "serviteurs" de l'Etat (maires, préfets, gendarmes et policiers) comme celle des serviteurs de "Dieu". Le professeur Yagil s'intéresse au profil sociologique, à la mentalité des lieux et des hommes, ainsi qu'aux modalités du sauvetage.

 

Pour comprendre pourquoi et comment un individu décide de ne pas obéir à l'ordre d'une autorité civile ou militaire, Limore Yagil a dépouillé différentes sources d'archives qu'elle croise et confronte, afin de dresser des tableaux d'histoires locales et de pratiques culturelles. Elle souligne l'alliance de la géographie humaine et de l'histoire, souvent déterminante pour entraîner l'insoumission des citoyens.

 

L'étude de la désobéissance civile renouvelle l'étude de l'action des Justes et des faits connus du sauvetage en apportant un nouvel éclairage. Une nécessité au regard du contraste existant entre le nombre de Juifs sauvés souvent inversement proportionnel au nombre de Justes reconnus par la Fondation Yad Vashem, de Jérusalem. Les critères retenus par l'institution, souvent à la lumière d'une doxa historique, aboutissent parfois à passer sous silence et à rejeter dans l'ombre des comportements individuels qui ont permis de sauver 75% des Juifs de France.

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 14:03

Ce lundi 19 mars 2012, nous apprenons l'attentat qui a frappé une école juive de Toulouse, faisant 4 morts dont un parent d'élèves et trois enfants.

 

Nous exprimons notre sympathie aux familles endeuillées et à la communauté juive de Toulouse.

 

Nous transmettons les condoléances de Monsieur le Préfet du Cher, Nicolas QUILLET, présentées ce matin à la communauté juive.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 21:17

aff_off_yagil.jpgLe lundi 19 mars 2012, l'association France-Israël du Cher accueillera Limore Yagil, historienne, diplomée de l'IEP de Paris, enseignant-chercheur à la Sorbonne- Paris IV, auteur d'un ouvrage publié aux éditions du Cerf dont le titre sera celui de sa conférence :

 

France,

Terre de refuge et de désobéissance civile

(1936-1944)

L'exemple du sauvetage des Juifs

 

Lundi 19 mars 2012

18 heures 30

Musée de la Résistance et de la Déportation

rue Heurtault de Lamerville

18000 BOURGES

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 19:57

Telle était la question posée par l'aumonerie des étudiants de Bourges dans le cadre de ses réunions : "Un regard chrétien sur des sujets de société", le mercredi 8 février 2012. L'association France-Israël du Cher était invitée pour exposer cette question "sensible" historiquement et culturellement, présentée par Georges Feldmann.

 

Associer l'argent et les religions peut sembler contradictoire. Pourtant le regard porté sur cette valeur servant de moyen d'échange a longtemps miné, en Europe, les rapports entre les communautés juives et chrétiennes. De manière caricaturale, les Juifs ont été associés à l'argent, alors que les chrétiens, en particulier catholiques, comme hostiles à cette valeur monétaire et matérielle. Cependant, au-delà des ghettos et des stéréotypes, quelle est la posture véritable de ces deux courants religieux à l'égard de l'argent ?

 

Contrairement à un préjugé "à la peau dure", le judaïsme ne prône pas le culte de l'argent. Pour la seule raison qu'il n'est qu'un Dieu, le Seigneur, et que la frénésie d'accumulation de biens et de richesses détourne l'homme de ses devoirs à l'égard de la divinité. En revanche, parmi les 613 commandements, il en est un qui invite à faire le bien et à se montrer charitable. Le mot hébreu "kesef"  (argent ou monnaie) donne également, par vocalisation, "kosef" qui désigne le don. Donner est un bienfait. L'acte de vente consiste ainsi à un double don, entre l'acheteur et le vendeur, l'un donne un bien et l'autre remet une valeur qui permet l'échange. Ainsi fonctionne, non le profit, mais la prospérité mutuelle. Ainsi, la monnaie contribuant à la prospérité est un bienfait dès lors qu'elle ne détourne pas l'homme des pensées et du service qu'il doit à son Dieu. Pour le servir, les hébreux de l'Antiquité versaient un impôt au Temple de Jérusalem pour qu'il soit procédé aux offices. Après l'an 70 de notre ère, dans les communautés de Diaspora existaient des offices de Tsedaka pour secourir les plus démunis, grâce aux dons des membres de la communauté. Cet office existe toujours.

 

Dans le christianisme, qui découle par héritage du judaïsme, la monnaie n'est pas considérée par les évangiles comme une valeur vile. C'est une interdiction proclamée au Moyen-âge par l'Eglise qui a interdit aux fidèles de pratiquer des activités de banque. Jésus n'a pas tourné le dos à l'idée de don qui est à l'oeuvre dans les échanges par l'usage de la monnaie. "Rendre à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu", n'exprime pas le mépris mais pose la distinction entre le tribut romain et l'impôt dû au Temple, ainsi que l'obligation du croyant de ne pas détourner ses pensées de Dieu. Il ne détruit pas les Anciennes ou Premières Ecritures mais il vient pour les réaliser. Lettré, versé dans les écritures, contemporain du sage Hillel, Jésus révolutionne en affermissant la foi des Juifs et des hommes, non pas en les renversant.

 

Judaïsme et christianisme ont donc une vision commune de l'argent comme le révèlent les écritures. Ils partagent en outre un même dédain pour le profit qui ne vaut que pour lui-même jusqu'à faire de l'argent une valeur fétiche pour reprendre l'expression de Karl Marx. Une réflexion qui mérite toute sa place dans un monde économique en crise où l'intérêt se suffit à lui-même, perdant de vue sa raison d'être qui, par de-là son rôle de facilitateur d'échanges, fait de l'argent un moyen, et rien que cela, d'améliorer les conditions d'existence de l'homme.

 

Nos chaleureux remerciements aux organisateurs pour avoir permis d'exposer ce qui rapproche deux communautés si proches et éloignées.

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:57

hanouccah2011.jpgDu 25 kislev au 3 tévèth, sera célébrée la fête de Hanouccah. Pour expliquer ce qu'est cette fête des Lumières, dite aussi fête de la Dédicace, l'Association France-Israël du Cher recevait Georges Feldmann, Président de l'association France-Israël de l'Indre - Les Amis d'Israël, le 08 décembre 2011.

 

La fête des Lumières est en lien avec les 2 Livres des Maccabées. Ce texte, contrairement à la Thora, n'est pas d'essence divine mais relate des faits historiques. Ces faits sont également connus par le texte de Flavius Joseph (Ier siècle de l'ère commune), intitulé Des Guerres des Juifs. Les 2 Livres des Maccabées, écrits du Ier siècle, rapportent des faits survenus un siècle auparavant entre le peuple Hébreu et les Séleucides, dynastie hellénistique du Proche-Orient antique.

 

Les royaumes hellénistiques sont une conséquence des conquêtes d'Alexandre le Grand. Au IVème siècle avant l'ère commune, Alexandre conquit un vaste Empire s'étendant de la Grèce à l'Indus. A sa mort, ses généraux se partagèrent l'Empire. Parmi eux les Lagides occupèrent l'Egypte et les Séleucides s'établirent au nord du Proche-Orient. Le peuple hébraïque se trouvait au point de friction entre les deux Empires qui se disputaient la suprématie dans la région. Ainsi la Judée tomba dans la zone d'influence séleucide.

 

Or, au début du premier siècle avant l'ère commune, Antiochos IV Epiphane monta sur le trône. Il ambitionnait d'unifier son Empire. Pour ce faire, il voulut imposer ses idoles à l'ensemble de ses sujets. Les Hébreux se virent interdire de rendre leur culte monothéiste. Antiochos IV donna l'ordre de procéder aux sacrifices polythéistes dans l'enceinte même du Temple de Jérusalem. Un affront insupportable contre lequel se dressa le grand prêtre Mattathias. Une guerre éclata où s'illustrèrent ses fils, Judas et Simon surnommés "Maccabées" (dont le sens de "marteau" est à rapprocher du surnom du Pépinnide Charles Martel). Judas Maccabée reconquit le Temple et restaura le culte monothéiste, le 25 kislev de l'An -164. Cette dédicace du Temple à son culte d'origine dura 8 jours jusqu'au 3 tévèth.

 

Il est supposé que ces huit jours de fastes viennent de l'impossibilité de célébrer la fête de Souccoth quelques semaines auparavant, en raison de la guerre qui faisait rage. Néanmoins cette dédicace faite au Temple fut renouvelée l'année suivante, faisant de cette commémoration un évènement à part entière du calendrier hébraïque.

 

Si la fête reste liée aux Livres des Maccabées, son contenu relève non de la lettre mais de l'interprétation rabbinique à laquelle elle donna lieu. En effet, le miracle de Hannoucca n'est pas mentionné dans les Livres des Maccabées. En revanche, les rabbins exposent le fait suivant : à l'occasion de la dédicace du Temple, il fut constaté qu'il ne restait qu'une fiole d'huile pour allumer les feux du Temple durant une unique journée. Huit jours étaient nécessaires aux prêtres pour confectionner l'huile sacrée. Or, contre toute attente, les chandeliers du Temple restèrent allumé durant huit jours. L'introduction de ce fait miraculeux dans la geste maccabéenne effaçait le souvenir de la dynastie hasmonéenne soupçonnée de collaborer avec l'occupant romain du premier siècle de l'ère commune et faisait intervenir la divinité dans les affaires humaines.

 

La fête de la Lumière met en scène une ménorah ou un chandelier particulier, dédié à cette célébration : la Hannouccia. Celle-ci se compose de neuf branches. Une bougie, appelée shemesh, sert à l'allumage de chacune des huit bougies qui éclaireront cette fête. Hanoucca est une fête joyeuse où l'on s'offre des cadeaux. Des toupies sont traditionnellement offertes aux enfants.

 

Une controverse rabbinique opposa Hillel à Shamaï à propos de l'allumage des bougies. Shamaï, en effet, préconisait d'allumer les huits bougies puis de les éteindre successivement pour marquer l'épuisement de la fiole. Au contraire, Hillel affirmait qu'il fallait allumer les bougies les unes après les autres, afin que la fête s'achève par une seule et grande lumière alimentée par ces huits bougies. Cette thèse fut largement retenue. Car elle amplifie le miracle de Hanoucca. Elle signifie que la lumière triomphe des ténèbres et annonce la venue du Massiah, le Messie, devant survenir à la fin des temps. Le Messie étant synonyme de lumière nimbant le monde.

 

La fête de Hanoucca survient à l'occasion du solstice d'hiver, quand la nuit commence à diminuer et que le jour grandit à nouveau. Elle marque ainsi la renaissance de la lumière. Elle agit ainsi comme un symbole d'espérance. Hanoucca tient ainsi une place particulière dans le calendrier hébraïque. Elle rassembla le peuple juif aux heures les plus cruelles de son histoire, laissant la place à l'espérance aussi bien après la chute du second Temple de Jérusalem qu'au coeur du ghetto de Varsovie durant la seconde guerre mondiale. Elle souligne l'esprit de résistance dans l'adversité, raison pour laquelle elle occupe aujourd'hui encore une place importante en Israël.

 

Bien qu'elle s'en distingue, Hanoucca n'en conserve pas moins nombre de points de convergence avec la fête de Noël. Fête de lumière (Hanoucca), c'est une étoile scintillante qui guide les rois mages en Judée. Evoquant la venue du Messie (Hanouccah), Noël annonce la naissance du Messie incarné par Jésus (dont le sens hébraïque est : "celui qui sauve"). Betlehem comme la généalogie du Christ se rattachent à la lignée de David dont provient le Messie. Enfin l'âne et le boeuf qui illustrent la crèche, hors les Evangiles, ont aussi leur interprétation. L'âne était un symbole bénéfique dans l'antiquité. Le boeuf, quant à lui, a toujours signifié la force brutale, celle que Jésus vient tempérer en s'y opposant.

 

Symbole de résistance et d'espoir de salut, Hanouccah, en tant que fête de la lumière, est un heureux présage tant du point de vue juif que chrétien.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 21:40

reunion-03dec2011.jpgL'association France-Israël du Cher a décidé de proposer des rencontres impromptues pour parler d'un sujet cher à ses adhérents : Israël. Pour cette première rencontre, l'association s'est réunie le 03 décembre 2011, à la Maison des associations, pour évoquer le Marathon de Jérusalem et les actualités iraniennes et palestiniennes.

 

Nous étions honorés de la présence de M. Pascal Tinat, représentant le maire de la ville de Bourges. Un double honneur puisque Pascal Tinat est également le premier berruyer à avoir exercé ses talents de marathonien à Jérusalem, le 25 mars 2011. Un moment fort puisque la course passait dans les quartiers ouest et est de la ville. Un moment symbolique qui frappe l'esprit en raison du caractère de sainteté de la ville pour les croyants des religions du Livre. Mais aussi une gageure sportive, en raison d'un dénivelé de 7%, qui poussait les athlètes dans leurs derniers retranchements. Avec un moment de grande solitude, lorsque fut donné le départ du semi-marathon, laissant les athlètes fraîchement partis dépasser les participants du marathon. A titre indicatif, le vainqueur de la course est arrivé à une demi-heure du record mondial, voilà pour souligner le caractère redoutable de l'épreuve.

 

Pascal Tinat insiste sur l'engagement du maire de Jérusalem, Nir Barkat, lui-même coureur, qui a insisté pour que la course se déroule malgré le premier attentat-suicide depuis 2004 survenu deux jours auparavant. Si les coureurs ont bien répondu à l'appel, nombre de journalistes étrangers ont préféré partir ce qui a manqué pour la couverture médiatique de cette course. Mais un public nombreux était là pour soutenir l'effort de tous. Cela restera un souvenir profondément ancré dans la mémoire de Pascal Tinat.

 

Des échanges se sont poursuivis entre les participants à la réunion, passant de la question du sport en Israël à  la menace nucléaire iranienne et aux velléités onusiennes de l'Autorité Palestinienne.

 

Une première expérience réussie qui pourra se poursuivre périodiquement dans d'autres lieux de la ville.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 19:56

Elad-Ratson-Chtx-01dec2011.jpgLe 1er décembre 2011, l'association France-Israël du Cher s'est rendue à Châteauroux où l'association France-Israël de l'Indre - Les Amis d'Israël, présidée par Georges Feldmann, accueillait un jeune diplomate en charge de la communication, Elad Ratson.

 

L'image d'Israël, vue d'Europe, se résumerait à des attentats, des conflits sporadiques avec ses voisins, à des tirs de roquettes, très loin de l'image biblique d'une terre où coule le lait et le miel. Et pourtant il y a une vie en Israël. C'est ce que peuvent constater les pèlerins qui, chaque année, se rendent en "Terre Sainte", oubliant souvent que cette terre est l'Etat d'Israël.

 

Certes la réalité régionale est anxiogène : les menaces nucléaires proférées par la dictature iranienne, le refus de groupes palestiniens (Hamas, Djihad islamique...) de reconnaître l'existence d'un Etat non-musulman au Proche-Orient, la lutte armée du Hezbollah libanais à la frontière nord, les incertitudes liées au "Printemps arabes" souvent qualifié d'hiver en Israël. La démocratie israélienne doit faire front à ces menaces au risque que son image soit déformée, réinterprétée et, au final, dénigrée au sein de l'opinion publique. Car Israël doit également affronter une "action psychologique" qui pèse autant sur le fait politique que les forces déployées sur le terrain.

 

Dans ce village global qui se constitue à l'ère de la communication électronique, la communication est devenue un enjeux stratégique. Il suffit de taper le mot "Israël" dans un moteur de recherche pour constater que le sujet ne laisse pas indifférent. Or la rumeur, le mensonge et la désinformation y sont à leur avantage. On est loin de l'enthousiasme suscité, quinze ans plus tôt, par l'Internet promettant d'accéder à la connaissance d'un simple clic. Aujourd'hui des faux comme Les Protocoles des Sages de Sion sont davantage diffusés que des faits. Parfois des sites renommés, notamment d'éducation participative ne sont pas exempts de critiques.

 

C'est le cas de Wikipédia. Dans sa version française, le site propose une revisitation de l'histoire d'Israël. Il y est présenté un détail curieux : un début de la guerre d'indépendance en novembre 1947. Or rien de tel dans les versions étrangères de Wikipédia, rappelant que le conflit éclata le 15 mai 1948, après la Déclaration d'Indépendance de l'Etat d'Israël. Un détail qui pèse lourd. La révision des faits historiques s'inscrit dans un discours idéologique soutenant d'autres fins qu'une analyse objective.

 

 Communiqué sur Israël ne signifie pas opposer un révisionisme par un autre mais rétablir les faits. Mais aussi présenter la réalité d'Israël. Le mouvement contre la vie chère en Israël, l'été dernier, a montré une autre facette de ce pays tantôt présenté exclusivement sous l'uniforme, tantôt présenté comme la théocratie qu'il n'est pas.

 

Il y a une vie en Israël. L'Etat présente bien des similitudes dans son fonctionnement économique, social, culturel et démocratique avec les Etats de l'Union Européenne. Israël ne se réduit pas à une caricature ni aux dimensions de son personnel marginal en politique.

 

Il ne peut être passé sous silence la coopération d'Israël avec les pays en voie de développement, ses collaborations dans les domaines scientifiques et économiques. La prise en charge des patients arabes palestiniens par les personnels de santé israéliens est une réalité qui touche chaque année 500.000 personnes. Des collaborations politiques, juridiques, économiques et culturelles existent entre Israël et certains de ses adversaires déclarés. La population d'Israël, dans sa diversité, mène une vie très éloignée d'un pays en Etat de siège, comme le suggèreraient certaines affirmations. Des sites comme http://www.coolisrael.com en témoignent. Il importe de faire connaître cette aspect si méconnu du pays.

 

Et si les mots ou les images ne suffisent pas, alors il convient de venir visiter le pays ou de participer au Marathon de Jérusalem ou à l'un des innombrables festivals qui s'y déroulent chaque année.

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