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Blog de l'association France-Israël du Cher.

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Ariel AMAR, Président de France-Israël Alliance Général KOENIG - Entretien avec l'association France-Israël du Cher

Association France-Israël du Cher (AFI 18) : Ariel Amar, vous êtes à la tête de L’association France-Israël – Alliance Général KOENIG, depuis 2018. A la suite de personnalités comme Justin Godart, Pierre Koenig ou Jacques Soustelle, vous œuvrez à la défense de l’image d’Israël dans les médias et apportez votre pierre à la construction de l’amitié franco-israélienne.

Les liens entre la France et Israël sont anciens. Ils préexistent à la création de l’État, en 1948. L’association que vous présidez, en effet, a été fondée en 1926 sous l’égide du gouvernement français. Mais cette amitié va-t-elle toujours de soi ? Ne s’agit-il pas d’une longue amitié contrariée ?

Ariel AMAR : L’association a certes été fondée en 1926 mais, dès 1917, Jules Cambon avait rédigé une déclaration, équivalent de la déclaration Balfour et 5 mois avant celle-ci. C’est dire qu’il y réfléchissait depuis longtemps. Du reste, en 1926, l’association s’appelait « France-Palestine - Comité français des amis du sionisme », et ses premiers statuts avaient pour objet d’œuvrer à la reconnaissance d’un foyer national juif.

https://franceisrael.fr/histoire/

A partir de 1948, l’objet de l’association s’est orienté vers le développement et l’amélioration des relations entre la France et Israël. Il faut rendre hommage aux anciens dirigeants et sympathisants de l’association qui faisaient preuve d’un courage remarquable, car depuis la guerre des Six-Jours, défendre Israël est devenu un vrai défi. Depuis cette époque, la stratégie du Quai d’Orsay a été de prendre une certaine distance dans l’affichage de l’amitié franco-israélienne, afin sans doute de séduire le monde arabe. Même si la France a été motrice dans le processus de reconnaissance du Foyer National Juif, s’il y a de nombreuses collaborations avec des institutions françaises en Israël et si l’amitié entre les deux pays est sincère et réelle, il y a une certaine retenue à afficher cette amitié.

La France reste figée dans une approche binaire, dépassée, à savoir être pro-arabe ou être pro-israélien. Par conséquent, sa volonté de paraître pro-arabe, sa collaboration active avec Israël demeure très discrète.

Nous espérons qu’avec les accords d’Abraham, le Quai d’Orsay comprenne enfin qu’aujourd’hui on peut être à la fois pro-arabe et pro-israélien. Il y a des convergences de vue et d’intérêt entre le monde arabe et Israël, et notre rôle aujourd’hui est de promouvoir cette nouvelle dimension géopolitique.

AFI 18 : L'antisionisme relève-t-il de l'opinion ou du préjugé raciste ?

Ariel AMAR : Il faut comprendre en premier lieu ce qu’est le sionisme. À l’origine, le sionisme est le droit du peuple juif à son autodétermination sur sa terre. Ce terme a été créé, en 1897, lors du premier congrès sioniste, où il s’agissait d’établir un État juif en Terre d’Israël (Eretz Israël, ou Sion, Sion étant le nom biblique de Jérusalem). Cela reste toujours d’actualité pour les Juifs en-dehors d’Israël.

En 1948, pour les nations du monde et pour l’ONU, l’État d’Israël devenait la patrie du peuple juif. Cela résolvait la situation des réfugiés juifs, puisque, avec la Loi du retour, tout juif pouvait et peut toujours devenir citoyen d’Israël.

C’est tout simplement le refus de reconnaître au peuple juif son droit à l’autodétermination (voire de reconnaître le peuple juif tout court…), c’est devenu dans le langage d’aujourd’hui une remise en cause de l’existence même de l’État d’Israël. L’antisionisme n’est en aucun cas une opinion, ni une critique à l’égard du gouvernement israélien. C’est du racisme. On peut contester la politique d’un gouvernement, mais pas son existence.

L’IHRA (l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste), ne s’y est d’ailleurs pas trompé en introduisant comme exemple d’antisémitisme, dans sa définition de 2016, non seulement « le refus du droit à l’autodétermination des Juifs », l’affirmation selon laquelle « l’existence de l’État d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste » ; mais aussi « le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique ». Ou encore l’utilisation de symboles et d’images de l’antisémitisme traditionnel « pour caractériser les Juifs et les Israéliens ». Et je rappelle que cette définition l’IHRA a été adoptée par la France le 3 décembre 2019.

Aujourd’hui, l’antisionisme est le visage le plus répandu de l’antisémitisme parce que ce dernier est pénalement répréhensible, et qu’en réalité, les antisémites veulent juste échapper à la loi. En attaquant Israël, on sait très bien qu’ils visent les Juifs.

A lire : https://franceisrael.fr/2019/12/12/antisemitisme-du-xxie-siecle-limperieuse-necessite-de-mettre-des-mots-sur-les-maux/

 

AFI 18 : Naguère la revue de France-Israël portait cette phrase en exergue : « C’est à son attitude à l’égard d’Israël que l’on juge de la valeur morale d’une nation. » Pourquoi, au Troisième Millénaire, s’engager dans l’Association France-Israël ?

Ariel AMAR : Israël est une formidable démocratie, un rempart contre l’obscurantisme, un exemple de pluralisme, une société inclusive et de progrès qui mériterait naturellement d’être citée en exemple. Et pourtant, elle subit un terrible vent de critiques injustifiées, de mauvaise foi, de haine et de désinformation comme aucun État au monde. La morale semble à géométrie variable lorsqu’il s’agit d’Israël.

Aujourd’hui il faut être véritablement courageux, vu toutes les pressions pour délégitimer Israël, pour afficher son amitié avec cet État. Et c’est presque faire acte de résistance que de lutter contre tous ces vents contraires.

S’engager de nos jours dans France-Israël, c’est ne pas tomber dans le politiquement correct et c’est lutter contre l’injustice. Cela se fait souvent au détriment de nos intérêts, car les tentatives d’intimidation sont fortes pour qui affiche son soutien à Israël. Mais plus nous serons nombreux à nous engager dans l’Association France-Israël, plus nous serons vent debout contre les faussaires de la morale.

Mais il y a également quelque chose d’important : en faisant partie de France-Israël, on contribue activement à renforcer les liens entre la France et à Israël, car nos sociétés ont de nombreux sujets d’intérêts communs et complémentaires. Nous n’avons pas à nous priver de tout le bénéfice qu’apportent ces échanges.

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