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Blog de l'association France-Israël du Cher.

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Autopsie d'une fausse bonne idée

L'Autorité palestinienne (AP), à travers Mahmoud Abbas alias Abou Mazen, continue son tour du monde des chancelleries occidentales. Outre les soutiens politiques et financiers particuliers, s'ajoutant aux milliards d'euros dont bénéficie déjà annuellement l'AP, qu'il vient solliciter, Mahmoud Abbas teste d'éventuels partenaires pour appuyer à l'ONU sa demande de création unilatérale d'un Etat palestinien.

 

Alors que depuis 63 ans, sur le papier, 44 ans dans les faits, la diplomatie internationale tente de dénouer le conflit du Proche-Orient en obtenant la paix et la fixation de frontières sûres entre Israël et les Palestiniens, une idée pas franchement neuve est en train, peu à peu, de séduire les chancelleries et, plus encore, l'opinion publique. Bien qu'Israël ait cédé, fin 2009, sur l'un des préalables aux pourparlers demandé par l'AP (le gel des constructions dans les implantations), Mahmoud Abbas avait fait volte-face en suggérant, au cours de l'été 2010, que la communauté internationale reconnaisse un Etat palestinien. La création unilatérale d'un Etat palestinien est une fausse bonne idée. En dépit du fait qu'elle ne règle aucune des questions fondamentales qui demeurent en attente d'une solution politique et pacifique, elle annonce les guerres à venir.

 

 

Au demeurant, si l'idée d'un nouvel Etat émergeant avec son drapeau, son hymne, sa langue officielle et sa constitution ne pose pas de problèmes insurmontables, il n'en va pas de même pour l'ensemble des autres questions. A commencer par celui, interne à la future nation palestinienne, de la légitimité. Le Hamas et le Fatah se disputent la légitimité sur la nation. Un différend donnant lieu à de vraies scènes de guerre ponctuées d'exécutions sommaires et de la défenestration d'imams du haut des minarets. Ce qui pose la question du caractère sous-jacent de l'Etat à venir : démocratie, gouvernement autoritaire ou théocratie. Concrètement la communauté internationale reconnaîtrait la seule Autorité palestinienne, perceptible en Judée-Samarie mais purement virtuelle dans la Bande de Gaza. Rappelons que le Hamas est une organisation terroriste reconnue comme telle par les différentes instances internationales. De ce fait la reconnaissance porterait sur une fiction ou entérinerait le démembrement territorial de l'AP.

 

Dans les rapports bilatéraux arabo-israéliens, une déclaration unilatérale ne règlerait pas la question des frontières. La ligne verte, comme l'expriment les différentes déclarations et résolutions onusiennes, est une ligne de cessez-le-feu et non une ligne de frontière. Elle est verte précisément en raison de l'action de mise en culture et de plantation de forêts par le KKL israélien et non par référence au vert coranique. Les accords d'Oslo et de Washington avaient dessiné 3 zones de contrôle : A (palestinienne), B (mixte) et C (sous contrôle des forces israéliennes). Une déclaration unilatérale les rendrait caduque sur le papier et non pas sur le terrain. Car une déclaration unilatérale n'engage que l'entité qui la formule, par définition. En outre, Jérusalem, au moins son secteur oriental, deviendrait capitale de l'Etat unilatéralement déclaré. La France qui envisagerait, par la voix de Nicolas Sarkozy, de reconnaître de fait cet Etat unilatéralement déclaré est-elle en mesure de parachuter des chars Leclerc dans les montagnes de Judée ? Car, est-il besoin de le rappeler, pour appliquer cette déclaration univoque une lutte armée s'imposerait par nécessité. Or une guerre a une issue incertaine et, en raison du droit de suite, risquerait fort de réduire davantage le territoire revendiqué par l'AP. N'ironisons pas en ajoutant que l'AP trouverait un lot de consolation au Royaume de Jordanie, établi de toutes pièces par les britanniques, dans les années 1920, sur 80% de la Palestine "historique".

 

Enfin, pour en terminer avec la question territoriale, la Bande de Gaza fait partie du lot échû à l'AP. Une déclaration unilatérale mettrait un terme à la solution d'un corridor proposée par Israël, ainsi qu'à tout transit via son territoire entre les deux parties de l'Etat unilatéral. Le détour par mer, via le Golfe d'Aden et l'isthme de Suez, seule solution restante, dans cette hypothèse, rallongera sérieusement les délais de routes des fonctionnaires et élus palestiniens.

 

La question des populations en deviendra insurmontable. Côté israélien, la question des réfugiés palestiniens sera tout aussi unilatéralement éteinte. Côté palestinien se posera la question des minorités. Outre la communauté chrétienne, largement brimée et malmenée, à Gaza aussi bien qu'en Judée-Samarie, l'AP comptera de fait non seulement des populations hébraïques (juifs et samaritains) mais aussi israéliennes. En juillet 2010, plusieurs officiels palestiniens ont déclaré qu'ils n'entendaient pas voir sur leur territoire de Juifs ou d'Israéliens (chrétiens, juifs, druzes ou musulmans). Ainsi se trouvent posées les bases d'un Etat envisagé comme raciste pour ne pas dire d'apartheid. Au lendemain d'une déclaration unilatérale de souveraineté, appuyée par la communauté internationale, il faudrait s'attendre, au mieux, à des déportations massives de populations (interdites par le droit international), au pire, comme durant la guerre d'Indépendance de 1948, à des tueries de civils juifs et israéliens. Une affirmation loin d'être exagérée, au regard du meurtre d'un Juif devant le Tombeau de Joseph par un policier palestinien, le 24 avril 2011. Comment croire, cependant, que l'Etat d'Israël demeurerait passif et spectateur ?

 

L'oreille attentive prêtée par certaines chancelleries à la proposition de Mahmoud Abbas, au regard de ce qui précède, ne peut manquer d'étonner. D'autant plus de la part d'Etats occidentaux avancés qui, encore aujourd'hui, prétendent offrir leurs bons offices, afin d'obtenir un règlement politique du conflit arabo-israélien. Mais à l'heure de l'immobilisme des institutions face aux boycotts commerciaux, culturels et universitaires qui se font jour, libérant, en parallèle d'une campagne anti-israélienne, une parole antisémite, faut-il s'étonner d'un positionnement absurde ? Jacques Chirac, en son temps, avait assuré à Yasser Arafat que celui-ci obtiendrait davantage de concessions par la violence que par des négociations. Il semble que les éléments nécessaires à ce projet se mettent en place. S'il s'agit d'une volonté pacifique, assurément, la déclaration unilatérale d'un Etat palestinien est une fausse bonne idée.

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