Blog de l'association France-Israël du Cher.
L'eau est une condition nécessaire à la vie. Alors que plus des trois quarts de la planète sont recouverts par les océans, l'eau vient souvent à manquer. Les zones tempérées voient
souvent leur ressource diminuer en raison de l'effet cumulé de la pollution, de la surconsommation et des changements climatiques. D'autres zones du globe connaissent la rareté voire la
disparition de leur ressource, auxquelles s'ajoute la salinisation des terres. On en vient à parler de stress hydrique. Israël connaît cette situation tenant à l'absence de ressource d'eau
autonome. L'absence de nappe phréatique est compensée par l'apport des eaux venues du Liban et de la Syrie qui, via le plateau du Golan, alimentent le Lac de Tibériade. De là provient le fleuve
Jourdain dont les eaux sont l'unique ressource d'eau douce en partage d'Israël, de l'Autorité palestinienne et du royaume de Jordanie. Cette interdépendance vitale impose des coopérations qui,
loin de faire de l'eau un facteur de guerre, en font un facteur de paix.
Jordaniens, arabes palestiniens et israéliens ont un intérêt commun : l'accès à l'eau douce. Celui-ci dépend de la seule volonté d'Etats (Liban et Syrie) qui n'ont pas conclu d'accord de paix avec Israël et qui ne le reconnaissent pas. Le projet d'un barrage en amont du Golan, par la Syrie, dans un passé récent, a fait planer sur les trois entités qui en dépendent un risque de disparition de l'eau. Cependant cette ressource est insuffisante pour assurer les besoins vitaux des populations. Le dessalement de l'eau de mer, développé par Israël, reste insuffisant et représente un coût élevé. C'est pourquoi Israël importe de l'eau. Ainsi la Turquie fournit de l'eau potable qui est distribuée aussi bien à Israël qu'à l'Autorité Palestinienne.
Contrairement à une idée reçue, dans ce contexte, la répartition de l'eau ne relève pas du pouvoir discrétionnaire de l'Etat d'Israël. Celle-ci relève d'un traité international intermédiaire, conclu en 1995 dans le cadre du processus d'Oslo, entre Israël et l'OLP, d'une part, et les Etats-Unis, la Russie, l'Egypte, la Jordanie et l'Union Européenne, d'autre part. Ce traité prévoyait, pour la période de 1995 à 1999, les conditions de vente et d'acheminement par Israël de l'eau douce aux territoires de l'AP. Dans la pratique, Israël a honoré ses engagements et vendu directement des quantités d'eau plus importantes et à des prix moindres que ceux convenus par le traité.
A l'issue de la période intérimaire, le traité a prévu un calcul pour évaluer les quantités d'eau futures (au-delà de l'année 1999) correspondant aux besoins des arabes palestiniens. Celle-ci est actuellement évaluée à environ 250 millions de mètres cubes par an. A titre de comparaison, la consommation effective d'eau douce dans les territoires de l'AP (Bande de Gaza et Judée-Samarie) est actuellement de 190 millions de mètres cubes par an.
Il est observé, sur le terrain, que les Palestiniens n'honorent pas leur engagement de rechercher des ressources d'eau alternatives. Ils n'utilisent pas les eaux de recyclage à destination agricole pas plus que le dessalement. Au contraire, des dizaines de forages sauvages ont été constatés, mettant en danger la pérennité des sources d'eau partagées.
Toutefois ni les manquements au traité ni la situation sécuritaire n'ont mis fin aux coopérations entre les deux entités. Celles-ci se vérifient au quotidien. Israël a entamé des sessions de formation en gestion de recyclage des eaux usées et de désalinisation. Israël dispose en effet de l'expérience et de l'expertise sur ces questions. Le Fonds National Juif (KKL), en charge de la gestion des terres, contribue et développe des projets et des systèmes visant à l'optimisation des ressources en eau. La mise en culture de la terre aride du sud d'Israël nécessitait des moyens innovants qui ont été financés par les campagnes de dons du KKL. Ces moyens ont été pensés et mis en pratique à partir des universités et des centres de recherche israéliens, notamment le Technion de Haïfa. Depuis de nombreuses décennies, le KKL et l'Etat d'Israël diffusent leur savoir-faire à travers le monde, en particulier sur le continent africain. Aujourd'hui ils peuvent le communiquer à leur plus proche voisin.
A l'instar de la paix, l'eau se cultive, se préserve et s'entretient. Ressource rare et en partage, elle impose une coopération qui suscite les rencontres et le dialogue. Au Proche-Orient, l'eau apparaît non pas comme un facteur de guerre mais, bel et bien comme le nerf de la paix.