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Blog de l'association France-Israël du Cher.

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Le compteur de Qassam

Alors que cet été est riche en évènements débordant d'intérêts "humanitaires" et en luttes anti-totalitaires (Libye, Syrie...), ce qui aura retenu l'attention des médias durant un week end fut la flotille pour Gaza, ainsi que son prolongement aérien. Beaucoup de bruit pour une "bouée canard", en somme, alors que la Croix-Rouge Internationale et les ONG les plus respectables assurent qu'il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza. L'explosion d'une cargaison d'armes iraniennes à destination du Hezbollah libanais via la Syrie, confisquée en 2009 et entreposée à Chypre, causant la plus importante tuerie enregistrée sur l'île depuis 1974, fut en retour traitée d'une plus discrète façon, malgré un deuil national de trois jours décrété par les autorités turques. Afin de ne pas déparer avec cette atmosphère estivale, plus portée sur le calibre du grain de sable et la météo des plages que sur les questions de politique internationale, nous évoquerons le phénomène du compteur de Qassam.

 

Le Qassam est-il en passe de devenir un phénomène de société ? Depuis son apparition en 2001, le Qassam est un mot malheureusement familier de toute personne s'intéressant au Proche-Orient. A l'origine, le Qassam est une roquette artisanale bourrée d'explosifs. Son mode de fabrication s'est depuis industrialisé dans la Bande de Gaza. Son usage ne s'est pas tari après l'évacuation des implantations israéliennes, en septembre 2005, sous le gouvernement Sharon. C'est, notamment, pour contenir son développement que les autorités d'Israël, en accord avec le Quartet pour le Proche-Orient et l'ONU, ont imposé un blocus exclusivement maritime à destination de Gaza. La Marine Nationale française a participé au contrôle des navires croisant au large de Gaza, pour empêcher que des composants nécessaires à leur fabrication ou que des armes plus perfectionnées ne parviennent au mouvement terroriste Hamas qui règne sur cette plaine côtière.

 

Ces armes sont tirées, depuis la Bande de Gaza, contre les populations civiles d'Israël. Les villes du Neguev sont directement sous leur menace. Lancées en aveugle, mais sur des trajectoires potentiellement exactes, elles causent beaucoup de dégâts matériels. Cependant elles ont déjà causés des morts et des blessés. Ces roquettes Qassam justifient le déploiement d'un système anti-aérien "Iron Dom", afin de tenter de les intercepter. Ces actions, qui ont pour projet de causer littéralement la terreur parmi la population civile, sont un moyen terroriste dénoncé comme crime de guerre.

 

Au quotidien, cela se traduit, pour la population israélienne à se tenir à l'écoute des alertes surnommées "Couleur Rouge". Sachant qu'en moyenne moins de dix secondes séparent le début de l'alerte de l'impact du Qassam, la possibilité de rejoindre un abri anti-aérien est dérisoire. Il s'ensuit que 70% des habitants du Néguev manifestent au moins un symptôme de stress post-traumatique. Particulièrement touchés, les enfants du Neguev présentent des taux anormalement élevés de cauchemars nocturnes, d'énurésie et de retard d'acquisition du langage.

 

En réaction à ces attaques, minimisées voire niées, un site internet a fait son apparition : Le compteur de Qassam. Il est relayé sur le réseau social facebook. Il permet de se tenir informé des tirs des roquettes. Chacun peut y découvrir leur fréquence, l'heure et le lieu de l'impact. C'est pour informer d'un phénomène peu traité des médias que ses promoteurs ont décidé de mettre ces éléments en ligne. A mi-chemin de la défense passive et de la résistance civile à l'agression, le compteur de Qassam transforme l'information en phénomène de société pour un pays de 7 millions d'habitants, grand comme une fois et demie le département de la Gironde.

 

Site en ligne : http://qassamcount.com/ link

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