Blog de l'association France-Israël du Cher.
Suite à la reconnaissance de la participation
de la France aux crimes racistes nazis par le Président de la République, Jacques Chirac, en 1995, le 16 juillet, date de la rafle du Vel' d'Hiv' (16 juillet 1942), a été retenu pour célébrer la
mémoire des victimes des crimes racistes de l'Etat Français et honorer les Justes de France. Tous les ans, cette cérémonie se déroule à Bourges, devant la plaque commémorative à la Prison du
Bordiot.
En présence des autorités civiles et militaires, M. le directeur de cabinet du Préfet du Cher a lu l'allocution du gouvernement. Il fut rappelé la persécution des minorités religieuses et ethniques. Le rôle des fonctionnaires d'Etat dans l'entreprise de mort ne fut pas éludé. L'obéissance à des ordres iniques vouant à la mort des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards est une tache sur l'action de l'Etat. Une tache morale, indélébile, qui doit interroger les fonctionnaires. "Qu'aurions-nous fait ?"
Il y eut des actes de résistance. Des préfets tout d'abord qui refusèrent de prêter serment au Maréchal Pétain et, à travers sa personne, à la politique de collaboration avec le nazisme. Deux d'entre eux seulement revinrent de déportation. Il y eut encore des gendarmes et des policiers, qui n'avaient oublié ni leur engagement à l'égard de la République ni leur devoir moral, qui usèrent des informations qu'ils possédaient pour alerter les victimes potentielles des rafles à venir, voire qui cachèrent eux-même les victimes de l'Etat Français de Vichy. Un acte d'insubordination, objectivement, mais conforme à leur premier serment républicain et conforme à la morale. Enfin il y eut les réseaux de la France résistante, les N.A.P. (Noyautage de l'Administration Publique) pour contrecarrer les ambitions mortelles de Pétain et de Laval.
Il y eut, à Bourges, le frère Stanke, Allemand, anti-nazi, moine franciscain, aumonier de la Wehrmacht, soulageant les souffrances des résistants et des victimes du Reich nazi, emprisonnés au Bordiot. Il y eut ces anonymes dans le département du Cher, comme à travers le pays, qui secourèrent leurs frères humains. Des Justes qui sauvèrent de l'extermination des civils qui n'avaient d'autres torts que d'être nés.
C'est aux victimes mais aussi à ces Justes qu'il a été rendu hommage. Hommage à une action passée qui doit parler pour les générations à venir. Refuser d'obéir à des ordres qui choquent à la fois la morale et les droits naturels de tout être humain voué à la destruction. Une réelle indignation qui appelle un vrai courage et non une posture flattant l'opinion publique comme naguère le racisme et l'intolérance flattaient l'opinion publique européenne. Une indignation à contre-courant des effets de mode, loin du gâtisme et de la sclérose morale ou intellectuelle. Une révolte silencieuse qui mettait en péril ceux qui la mettaient en oeuvre et faisait peser sur leurs têtes la menace de la déportation.
S'il est facile d'appréhender le passé, dans le confort d'une société démocratique, il est plus courageux et méritant de résister à un régime totalitaire.