Blog de l'association France-Israël du Cher.
C'est au soir d'une journée particulière que
l'association France-Israël du Cher, s'est réunie pour une conférence historique à l'amphithéâtre des Archives Départementales et du Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher. Au matin
du 19 mars 2012, en effet, l'école juive Ozer Hatorah de Toulouse avait été le théâtre d'une tragédie. 3 enfants et un adulte ont été tués à bout portant par un tueur ayant perpétré,
dans les jours précédents, l'assassinat de militaires à Montauban et à Toulouse. Le président est revenu sur cette tragédie. Il a dénoncé le caractère raciste de ces faits, paraissant
être le dénominateur commun de ces faits divers. L'association prend part à la douleur de la communauté juive toulousaine endeuillée. Le président a transmis les condoléances exprimées,
plus tôt dans la journée, par Monsieur le Préfet du Cher, Nicolas Quillet à la communauté israélite.
Le racisme et l'antisémitisme, des maux qui rongeaient l'Europe des années trente et quarante. Ils furent à l'oeuvre dans la Shoah. Pourtant, au fond de la nuit, la France fut aussi une terre d'asile. C'est la surprenante conclusion du Professeur Limore Yagil. Si 80.000 juifs français et étrangers ont péri, plus de 250.000 ont survécu. Une situation paradoxale qui tire son origine de la désobéissance civile.
Attitude individuelle, dès 1940, elle se généralise et prend la forme de réseaux d'entraide, souvent composés des mêmes personnes ayant un lien antérieur entre elles. Les mêmes personnes, qui s'étaient engagées en faveur des réfugiés en France, dans les années 30, vont se charger de secourir les Juifs dans la décennie suivante.
Limore Yagil étudie la contribution de différents corps de métiers. Des professionnels de santé (médecins, infirmières, assistantes sociales) mais aussi des enseignants, des scientifiques et des artistes désobéirent. Plus complexe et ambigüe est la contribution des "serviteurs" de l'Etat (maires, préfets, gendarmes et policiers) comme celle des serviteurs de "Dieu". Le professeur Yagil s'intéresse au profil sociologique, à la mentalité des lieux et des hommes, ainsi qu'aux modalités du sauvetage.
Pour comprendre pourquoi et comment un individu décide de ne pas obéir à l'ordre d'une autorité civile ou militaire, Limore Yagil a dépouillé différentes sources d'archives qu'elle croise et confronte, afin de dresser des tableaux d'histoires locales et de pratiques culturelles. Elle souligne l'alliance de la géographie humaine et de l'histoire, souvent déterminante pour entraîner l'insoumission des citoyens.
L'étude de la désobéissance civile renouvelle l'étude de l'action des Justes et des faits connus du sauvetage en apportant un nouvel éclairage. Une nécessité au regard du contraste existant entre le nombre de Juifs sauvés souvent inversement proportionnel au nombre de Justes reconnus par la Fondation Yad Vashem, de Jérusalem. Les critères retenus par l'institution, souvent à la lumière d'une doxa historique, aboutissent parfois à passer sous silence et à rejeter dans l'ombre des comportements individuels qui ont permis de sauver 75% des Juifs de France.