Blog de l'association France-Israël du Cher.
Chaque année des milliers de pélerins chrétiens marchent dans les pas de Jésus, parcourant les lieux saints du christianisme à Capharnaüm (Kfar Nahum), Magdala (Migdal), Nazareth ou Jérusalem. Pierre Loti, à la fin du XIXème siècle, a narré ses propres pérégrinations dans la Palestine ottomane, évoquant les pélerins orthodoxes russes et les populations chrétiennes arabes. Une expression revient souvent pour parler de ce lieu : Terre Sainte. On en oublierait presque que, pour l'essentiel, les lieux saints chrétiens sont en Israël. Un oubli qui transparaît encore dans de sérieuses revues bibliques parlant de la Palestine pour nommer le pays de Jésus et de Marie. Ces derniers auraient été personnellement étonnés, pour ne pas dire stupéfaits, de se voir attribuer un qualificatif propre à la tribu de Goliath, le héros des Philistins terrassé par David dont la généalogie évangélique s'étend à Jésus. Cette anecdote révèle la perméabilité du monothéisme chrétien à des constructions idéologiques contemporaines révisionnistes à mille lieux de la réalité.
Pourtant les communautés chrétiennes sont les plus malmenées dans les pays du Proche et du Moyen-Orient, sauf en Israël. (lire l'article de Yaron Gamburg : link ) Le non-respect du jeûne musulman est inscrit dans le code pénal algérien (actuellement deux chrétiens pourrissent dans les geôles algériennes pour ce motif), une femme est poursuivie pour blasphème contre "le prophète" au Pakistan, les coptes (dont la langue révélant sa parenté avec celle des pharaons a permis à Champollion de traduire les hiéroglyphes) sont périodiquement discriminés et menacés de mort, en Irak des attentats visent les chrétiens, la situation des maronites du Liban (encore préservés par la constitution) est rendue précaire par la pression du Hezbollah pro-iranien et le voisinage de son complice syrien. La condition chrétienne dans ces pays est subordonnée à un statut discriminatoire : la dhimmitude, littéralement "tolérance". Une tolérance qui ne va pas jusqu'à autoriser la construction d'églises en Arabie Saoudite.
Un statut discriminatoire qui s'observe également dans les territoires sous contrôle de l'Autorité palestinienne (Bande de Gaza et Judée-Samarie). Les chrétiens y sont régulièrement arrêtés et menacés par les milices du Hamas et la police palestinienne. Tant et si bien, qu'à l'image du phénomène observé dans les autres Etats du Proche et du Moyen-Orient, le nombre des chrétiens vivant dans les pays arabes ne cesse de diminuer malgré une présence plus que millénaire.
Israël est le seul Etat du Proche-Orient où le nombre des chrétiens est en augmentation, maintenant bien vivante une communauté ancestrale. La déclaration d'indépendance de 1948 affirmait l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Cette promesse a été confirmée dans les lois et par la jurisprudence de la cour suprême d'Israël, dont le siège est à Jérusalem, qui en a dégagé un principe général du droit s'étendant à toutes les communautésdu pays (juives, musulmanes, chrétiennes, druzes et bahaïs). Au quotidien, cela se traduit par la liberté de conscience, de culte et d'accès aux lieux saints. Depuis les années 90, l'Etat d'Israël s'est également enrichi d'une importante communauté chrétienne russe. Plus récemment, Israël accueille les réfugiés du Darfour, victimes d'un génocide mené par les milices musulmanes. Israël est le seul Etat de la région à avoir ouvert ses portes à ces populations.
Israël tient la promesse mal tenue de la France, laquelle, depuis le règne de François Ier, est la protectrice des chrétiens d'Orient, mission à l'origine de l'existence du Consulat Général de France à Jérusalem. Il est précipité d'affirmer que ce manquement français est dû à la loi de séparation des églises et de l'Etat de 1905. Il tient à la modification des enjeux et des choix politiques de notre nation au Moyen-Orient sur lesquels nous n'interviendrons pas. Cependant l'autisme des organisations humanitaires chrétiennes, notamment catholiques et protestantes, sur la question des chrétiens d'Orient est proprement scandaleux. Ce scandale est proportionnel à la participation des ces mêmes organisations à la délégitimation de l'Etat d'Israël, en se faisant la caisse de résonnance d'une propagande anti-israélienne initiée par le monde arabe. Il ne suffit pas d'affirmer l'inanité du concept du "choc des civilisations", encore convient-il de poser les conditions pour le rendre vain.
Comme, au début du XIXème siècle, un proverbe yiddish affirmait : "Heureux comme un Juif français !", en raison de la politique d'assimilation, en ce début de IIIème Millénaire, il est aujourd'hui possible d'affirmer : "Heureux comme un Chrétien israélien !"