Blog de l'association France-Israël du Cher.
Longtemps attendus, des pourparlers reprennent entre l'Etat d'Israël et l'Autorité Palestinienne, en ce mois de septembre 2010. Bien qu'un dialogue existe entre les deux parties sur des questions de police notamment, la "grande" question qui occupe les médias internationaux, à savoir un réglement du conflit territorial et politique qui les oppose, semble plus difficile à atteindre. Les Etats-Unis d'Amérique et les voisins officiellement en paix avec Israël, l'Egypte et la Jordanie, proposent leur intercession. Deux questions de principe sont posées pour entrer dans le vif du débat.
Côté israélien, la question fondamentale de la reconnaissance par la partie palestinienne du caractère juif de l'Etat d'Israël. Une question de bon sens admise par l'ONU, en 1947, à l'occasion du plan de partage du mandat britannique de la Palestine. La carte présentée alors fixait deux territoires, l'un arabe et l'autre juif, reconnaissant l'existence d'un peuple juif (entité politique à vocation nationale). Cette question du caractère juif de l'Etat d'Israël est précisément le fondement du refus par le mouvement arabe de l'époque, relayé après 1967, par les organisations arabes de Palestine. Malgré Oslo et les accords de Washington de septembre 1993, posant le principe de la reconnaissance mutuelle, force est de constater que la partie palestinienne n'a fait qu'admettre qu'il existât un Etat qui s'appelait Israël, sans pour autant renoncer à son ambition de l'abolir. Une distorsion au regard de la position israélienne qui alla jusqu'à créer de toute pièce l'Autorité Palestinienne et à armer, en 1995, la police d'Arafat. Côté palestinien, la stratégie de la conquête par étape n'est manifestement pas caduque et s'est accompagnée, depuis 1993, d'une vague d'attentats terroristes sans précédent. Or le Fatah qui gouverne l'AP se retrouve enfermée entre les mouvements islamistes, maîtres de Gaza, et une opinion publique éduquée depuis le primaire, à la haine du Juif. Cette reconnaissance obligerait la partie palestinienne à rencontrer l'Histoire et à s'inscrire dans une démarche sincère de négociation pour achever le conflit, faire émerger un Etat véritable et créer des relations de bon voisinage avec ses riverains. La vieille garde d'Arafat, toujours en place, qui a fomenté la seconde intifada, en octobre 2000, aura-t-elle ce courage politique ? Le doute est permis et les sondages parmi la population israélienne le corroborent.
Côté palestinien, la question du gel des implantations n'étonne plus. Elle s'inscrit dans la mythologie de propagande qui a contaminé depuis longtemps la planète. Elle est en porte à faux du moratoire fixé par l'Etat d'Israël depuis dix mois (devant s'achever le 26 septembre prochain). Il est fait de Jérusalem l'exemplarité de la "colonisation". Or, depuis 1967, Jérusalem est réunifiée et l'ensemble de la ville est désormais sous souveraineté israélienne. Et ce en conformité avec les lois internationales relatives à la guerre et au droit corollaire de conquête. De plus, la ligne de cessez-le-feu intervenait entre la Jordanie et Israël, les obligeant mutuellement, et non une entité palestinienne qui restait et demeure à naître. Poser ainsi indirectement la question de Jérusalem et des implantations de Judée-Samarie revient à fixer des frontières avant même de démarrer une négociation et à la priver de facto de tout objet. Se pose dès lors la question du révisionnisme historique en terme de relations internationales. Comme sous la législature de Rabin, de Barak, de Sharon, d'Olmert et, aujourd'hui de Netanyahou, Israël a fait savoir qu'il était près à des concessions territoriales. Le comportement de l'Autorité Palestinienne trahit un enfermement idéologique et conceptuel à mille lieues d'une ouverture à la négociation. Sa position pourrait se résumer ainsi : "Négocions mais il n'y a rien à négocier."
Difficile de dire ce qui ressortira de l'actuel ballet diplomatique qui s'entame. Tiendra-t-il sa promesse de rencontres périodiques, une fois tous les 15 jours ? Pour l'heure, le "peptimisme" est de rigueur.