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Blog de l'association France-Israël du Cher.

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Un oeil sur la planète ou la caméra dans l'oeil !

Le lundi 3 octobre 2011, France 2 diffusait un documentaire intitulé : "Un Etat palestinien est-il encore possible ?" dans le cadre du magazine UN OEIL SUR LA PLANETE. Celui-ci faisait le lien avec la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien déposée à l'ONU par Mahmoud Abbas. Loin d'éclaircir une question complexe et embrouillée aux yeux de l'Occident, les reportages ont adopté une ligne parcellaire autant que partiale, reprenant sans analyse l'argumentaire d'une des parties au conflit.

 

Le pitch était prometteur, voire racoleur : "Un Etat palestinien est-il encore possible ?" La plongée des caméra de France-télévisions au sein de l'Autorité Palestinienne semblait augurer d'une vision froide et rationnelle. Pourtant le rendez-vous fut manqué de racheter 30 années de bidouillages et de mises en scènes (des décharges publiques de Beyrouth aux rushs de Netzarim). Une fois de plus le commentaire d'Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, se confirmait : "la télévision est faite pour divertir, pas pour informer." Informations tronquées, révision de l'histoire, plans de commande, entretiens sirupeux, absence d'analyse, vision binaire et manichéenne. Il n'en reste plus, au final, qu'une longue diatribe anti-israélienne, anti-juive et anti-américaine. Une fois de plus, le Proche-Orient est réduit à un "marronnier" contribuant à asseoir l'idée reçue d'une conspiration internationale anti-musulmane.

 

Vol de terre, vol d'eau, brimades, murs, noman'sland, barbelés et miradors, rien ne manquait pour nazifier en touches impressionnistes "les juifs". Silence pathologique sur 3 décennies de terrorisme ayant conduit à des mesures sécuritaires drastisques. Présentation de la ville de Jérusalem comme d'un territoire occupé. Pas un mot sur la partition de la ville en 1950, du fait de l'occupation illégale de Jérusalem et de la Judée-Samarie, au regard du plan de partage onusien de 1947, par le Royaume de Transjordanie. Aucun mot non plus sur l'expulsion des Juifs de la partie orientale de la ville par les Arabes. Hébron devient un site d'occupation depuis 1967. Silence coupable sur le massacre des Juifs de la ville, établis depuis des siècles, en 1929, sur la foi d'une rumeur lancée à la radio par le mufti de Jérusalem. Le tombeau des Patriarches devient une mosquée. Peu importe que le monument fut bâti de toute pièce par le roi Hérode le Grand.

 

L'accent est mis sur le système "D" et la "résistance". La pratique des tunnels, mise en oeuvre pour la contrebande d'armes entre Gaza et l'Egypte se trouve rajeunie de 5 ans. Là le documentariste vend la mèche, sans faire de jeu de mots grinçant. Présentant les tunnels comme "l'unique moyen d'approvisionnement", le journaliste signale que, depuis 2010, l'acheminement des denrées et des matériaux par voie terrestre (entendez entre Gaza et Israël) a augmenté par rapport à ce qu'il était antérieurement. Donc, contrairement à ce qui est formellement affirmé par les reporters de France-Télévisions, les tunnels ne sont pas l'unique source d'approvisionnement des gazaouis. On comprend ainsi pourquoi ni l'UNWRA ni le HCR ne cautionnent l'argument de la "crise humanitaire" associé généralement au nom de Gaza. Quant à la "résistance", les happenings avec les brigades Ezzedine El Kassem (synonyme du Hamas, ce sont les mêmes) et le Jihad Islamique, fleurent bon les conférences de presse improvisées dans le maquis corse. Coup de pub gratos du genre : "et si tu ne filmes pas tu ne rentres pas chez toi".

 

Analyse politique digne d'un quotidien de province. "Le Hamas est minoritaire à Gaza." C'est sans doute la raison pour laquelle les représentants "cisjordaniens" du Fatah de l'Autorité Palestinienne ne peuvent pas y pénétrer depuis 2006... Une minorité qui y a obtenu la quasi totalité des suffrages en janvier 2006, lors des élections législatives, et qui occupe tous les postes institutionnels et a exclu, à coup de tortures, de menaces et d'exécutions sommaires, tous les dignitaires et fonctionnaires chrétiens et non-membres du Hamas. S'agissant de l'intervention de Saëb Erekat, elle pourrait s'intituler j'ai la mémoire qui flanche je ne me souviens plus très bien. Oubliés la politique de la chaise vide, le non-respect des accords d'Oslo, de Washington et de Wye River. Oubliée la reprise de la violence, à l'issue du rendez-vous manqué de Paris, inspirée par le Président de la République française, Jacques Chirac, qui donnait ainsi un blanc-seing à la guerre à feu Arafat. Ce n'est pas moi qui le dis mais Claude Goasguen, sénateur maire UMP de Paris, présent en ce jour funeste. (Une complicité de crime contre la paix, excusez du peu !) Oubliée la déclaration au quotidien Le Monde de son comparse Yasser Abed Rabo, une semaine jour pour jour avant le déclenchement de la seconde intifada selon laquelle : "Les palestiniens ne signeront jamais aucun accord avec Israël".

 

Et j'arrête là cet inventaire à la Prévert. D'autres complèteront les manques et la recension avec plus de talents.

 

De rares vérités ont surnagé néanmoins sur cet océan de désinformation. Plus précisément le boum immobilier aussi bien à Gaza qu'en Judée-Samarie. En ce dernier lieu se concentre particulièrement le boum économique plus généralement. Et sur ce point les coopérations avec Israël auraient mérité d'être mentionnées. Mais l'heure était à la désinformation et à la démonologie. Mais je ne m'appelle pas Howard Carter ni France-Télévisions, Pulitzer.

 

Guilad Shalit, otage depuis juin 2006, notre compatriote franco-israélien ne demeure pour France 2 qu'une anecdote. A peine une poussière dans le décor. Sans doute a-t-il le tort d'être né en Israël, d'être juif et d'être un humain. Comprend qui peut.

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