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Blog de l'association France-Israël du Cher.

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Une Juste parmi les nations honorée à Bourges

medjustes_18_052012.jpg"Qui sauve une vie, sauve l'univers !" Cette affirmation issue du judaïsme rappelle le devoir fondamental de l'homme de s'assurer de la vie de son prochain. Aux heures les plus sombres du XXème siècle, des hommes et des femmes ont volontairement désobéi à l'ordre des autorités, faisant interdiction à quiconque d'héberger et de secourir les personnes de confession juive, pour aider des civils pourchassés, à raison de leur naissance et de leur religion, par les nazis et leurs complices. Simples particuliers dont les valeurs s'opposaient à cette "chasse à l'homme", membres de réseaux associatifs, civils, policiers, membres de la Résistance, les Justes ont sauvé des vies et contrecarré les velléités exterminatrices des autorités de l'époque. Le dimanche 13 mai 2012, une Juste berruyère était honorée par l'Etat d'Israël et la République française pour son action.

 

Simone Pasquet est née en 1913, à Bourges. En 1938, elle est nommée professeur d'anglais en Alsace où elle fera la connaissance de Lucie Aubrac. A l'automne 1939, avec l'entrée en guerre, les villes frontalières d'Alsace sont évacuées. C'est à Perpignan que sa route croise celle d'Otto Weinmann. Après une tentative de passage de la frontière espagnole, blessé à la cheville, Otto Weinmann est recueilli par Simone Pasquet qui est entrée dans la Résistance. Elle lui fournit des faux-papiers et invente, pour l'occasion, un état civil imaginaire pour Otto Weinmann. Celui-ci parlant le français avec un fort accent, trahissant ses origines autrichiennes, Simone Pasquet le fait naître dans un village du nord de la France, frontalier avec la Belgique, pour camoufler cet accent. Elle s'est assurée, au préalable, que la mairie de ce village avait bien brûlé durant l'offensive allemande de 1940 et que les archives de l'état-civile avaient été détruites. Muni de ce sauf-conduit, Otto Weinmann passera l'Occupation dans la clandestinité qui l'entraînera à Lyon puis à Joué-Les-Tours.

 

Après la Libération, Otto Weinmann retourne à Vienne. Dans les années 60 et 70, il se lance à la recherche de celle qui lui a sauvé la vie. Simone Pasquet, qui compta, après la guerre, parmi les trois pionnières de la première promotion de l'ENA ouverte aux femmes, s'est d'abord établi dans le Bas-Rhin, avant d'abandonner la haute fonction publique pour élever ses enfants. En 1983, Otto Weinmann la retrouve à Bourges. Les visites et les correspondances, entre Bourges, Paris et Vienne, se multiplieront jusqu'au décès d'Otto Weinmann, en 2010.

 

C'est sa fille, Dorit, qui rend hommage à l'action de Simone Pasquet : "Sans vous, je ne serais pas ici, aujourd'hui." La petite-fille de Mme Pasquet, non sans émotion, témoigne de la fierté qu'elle éprouve pour sa grand-mère dont l'ensemble de son action, durant la Seconde Guerre Mondiale, a été mise en lumière à l'occasion de la préparation du dossier pour l'obtention du titre de Juste parmi les Nations. "Je n'ai pas l'impression d'avoir fait quelque chose de sensationnel." déclare modestement Simone Pasquet qui a agi, selon ses valeurs, de manière naturelle.

 

Didier Cerf, vice-président du comité français pour Yad Vashem, a rappelé l'action de cette institution israélienne pour donner un nom à chaque victime de la Shoah. L'allée des Justes, à Jérusalem, dans les jardins de l'Institut-Mémorial, rappelle aussi les noms de ces hommes et des ces femmes qui ont secouru les Juifs persécutés pendant la guerre. Le temps presse car les sauveteurs, ceux qui leur doivent la vie et les témoins, bientôt ne seront plus. Il lance un appel pour signaler les personnes qui méritent d'être honorées par l'Etat d'Israël. Car la médaille des Justes est la plus haute distinction conférée par le gouvernement israélien, comme le note Mme Corinne Levis, attachée de l'ambassade d'Israël à Paris. Celle-ci est conférée après un examen du dossier par une commission présidée par un juge de la cour suprême d'Israël. Il y a tant de Justes à remercier, au nom du peuple Juif. En 1995, le Président de la République française, Jacques Chirac, a tenu à honorer les Justes français. C'est la raison pour laquelle le maire de Bourges, Serge Lepeltier, a remis à Mme Simone Pasquet l'insigne de Chevlaier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur.

 

Cette cérémonie digne et émouvante s'est tenue en présence des familles Pasquet et Weinmann, en présence de M. le ministre Bernard Kouchner, venu à titre privé, de parlementaires (Y. Fromion, L. Cosyns), d'élus municipaux et départementaux (I. Félix), de M. le Maire de Saint-Amand-Montrond (T. Vinçon), de représentants de la communauté juive, de la Fondation Europe de la Mémoire et de l'association France-Israël du Cher.

 

Source :

 http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/bourges-et-environ/2012/05/14/cette-berruyere-a-ete-faite-juste-par-israel-et-a-recu-linsigne-de-chevalier-de-la-legion-dhonneur-1167030.html

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