Blog de l'association France-Israël du Cher.
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Calomniez, il en restera toujours quelque chose. Malgré la révocation de la résolution 3379 par l'ONU, en septembre 1991, le mythe du sionisme assimilé à une idéologie raciste perdure depuis son invention le 10 novembre 1975.
Ce 10 novembre 1975, au lendemain de la commémoration de la Nuit de Cristal, l'assemblée générale de l'ONU adoptait la résolution 3379 assimilant le sionisme à une idéologie raciste. Cette résolution, présentée par les États arabes et les non-alignés, reçoit le soutien de l'Union Soviétique et de ses satellites. C'est dire son caractère politique, inscrit dans la guerre froide en cours, alors.
Le secrétaire général de l'ONU, Thor, s'est vivement opposé à la présentation de ce texte. Il lui reprochait de n'avoir fait l'objet d'aucune discussion en commission de travail. Les membres permanents du Conseil de Sécurité et les membres de l'Europe manifestent également leur opposition à ce texte.
Il y a de quoi. Ce dernier s'ouvre sur une longue énumération de textes internationaux dénonçant le racisme et ses effets sur les droits humains. A l'aide d'un biais, propre aux discours complotistes, Israël se trouve mis sur un même pied que l'Afrique du Sud et la Rodhésie, lesquels connaissent alors des régimes racistes et ségrégationnistes.
Ainsi la résolution conclut-elle à l'assimilation du sionisme à une idéologie raciste, en l'absence de tout élément factuel, juridique, social ou économique pouvant justifier une telle affirmation, purement gratuite et malintentionnée. Mieux, l'ONU sans le dire, adopte une déclaration de la propagande de l'OLP faite en 1964, accusant de racisme le sionisme.
Le caractère mensonger et infâmant de la déclaration ne fait pourtant aucun doute. Le sionisme désigne le mouvement affirmant le droit du peuple juif à disposer de lui-même sans développer aucune théorie raciste ni discriminatoire. La déclaration d'indépendance d'Israël, en 1948, comme ses lois ultérieures affirment l'égalité de tous les citoyens.
L'annulation de la résolution controversée en 1991, ouvrant la voie au processus de paix entre Israël et l'OLP, n'a cependant pas éteint la calomnie.
En 2001, lors de la conférence de Durban sur le racisme, en Afrique du Sud, l'OLP, en plein Intifada, organise une campagne d'opinion assimilant le sionisme au racisme et accusant Israël d'être un régime d'apartheid. La propagande trouve un terrain propice à Durban, au pays de l'apartheid. Les délégations juives et israéliennes sont interdites de participation aux travaux, à commencer par le Centre Simon Wiesenthal exclu des débats.
A partir de 2017, le thème du sionisme, en tant qu'idéologie raciste, et l'accusation d'apartheid portée contŕe l'Etat d'Israël deviennent un élément récurrent du discours de l'opposition politique française. Pas moins de trois motions, signées par les différentes composantes de la NUPES, depuis 2017, tentent d'imposer au Palais Bourbon un texte qui se résume à un copier/coller de la résolution 3379 du 10 novembre 1975, annulée par l'ONU elle-même en septembre 1991.
Rien n'arrête un mensonge. Rien n'arrête non plus la haine antisémite qui, à l'instar de toute haine raciale, est le fruit de peurs et de craintes irrationnelles. Nous ne pouvons que dénoncer et dénoncer encore les mensonges qui se revendiquent antisémites ou adoptent ses habits neufs reconditionnés en antisioniste.
Au lendemain de cette terrible journée du 10 novembre 1975, Hebert Pagani, auteur, compositeur et interprète, lançait son vibrant plaidoyer pour ma terre :
"11 novembre 1975. Hier j'étais dans le métro et j'entends deus dames dire :
- T'as vu ? Encore ces Juifs avec leurs histoires à l'ONU !
- Quels emmerdeurs !
C'est vrai, nous sommes des emmerdeurs. Cela fait des siècles qu'on emmerde le monde. Abraham, avec son Dieu unique, Moïse, avec ses tables de la loi, Jésus, avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe. Puis Freud, Marx, Einstein... Tous ont été des gêneurs, des révolutionnaires, des ennemis de l'ordre.
Pourquoi ? Parce qu'aucun ordre ne pouvait les satisfaire puisqu'ils en étaient toujours exclus. Remettre en question, voir plus loin, changer de monde pour changer de destin, tel fut le destin de mes ancêtres. C'est pourquoi ils sont haïs par les défenseurs de tous les ordres établis.
L'antisémite de droite reproche aux Juifs d'avoir fait la révolution bolchevique. C'est vrai, il y en avait beaucoup en 1917. L'antisémite de gauche reproche aux Juifs d'être propriétaires de Manhattan. C'est vrai, il y a beaucoup de capitaliste juifs.
La raison est simple. La religion, la culture, l'idéal révolutionnaire d'un côté, les banques et les portefeuilles de l'autre sont les seules valeurs transportable, les seules patrons possibles pour ceux qui n'ont pas de patrie.
Et maintenant qu'il en existe une, l'antisémitisme renaît de ses cendres. Pardon : de nos cendres ! Et s'appelle antisionisme.
Il s'appliquait aux individus. Il s'applique à une nation.
Israël est un ghetto. Jérusalem, c'est Varsovie. Les nazis qui nous assiegent parlent l'arabe. Et si leurs croissants se déguisent parfois en faucilles, c'est pour mieux piéger les gauches du monde entier.
Moi, qui suis un Juif de gauche, je n'en ai rien à faire d'une certaine gauche qui veut libérer tous les hommes du monde au dépend de certains d'entre eux. Car je suis précisément de ceux-là.
D'accord pour la lutte des classes mais aussi pour le droit à la différence. Si la gauche veut me compter parmi les siens, elle ne peut pas faire l'économie de mon problème. Et mon problème est que depuis les déportations romaines du 1er siècle après J-C, nous avons été partout honnis, bannis, traqués, dénoncés, brûlés, spolié et convertis de force.
Pourquoi ? Parce que notre religion, c'est-à-dire notre culture était dangereuse. Et oui !
Quelques exemples ? Le judaïsme est le premier à instaurer le Shabat, Jour du Seigneur, c'est-à-dire le jour de repos hebdomadaire obligatoire. Vous voyez la joie des pharaons toujours en retard d'une pyramide ?
Le judaïsme interdit l'esclavage. Vous imaginez la sympathie des Romains les plus importants grossistes de main-d'œuvre gratuite de l'Antiquité ?
Il est écrit dans la Bible : la terre n'appartient pas à l'homme mais à Dieu. De cette phrase découle une loi, celle de la remise en question automatique de la propriété foncière tous les 49 ans ! Vous voyez l'effet d'une loi pareille sur les papes du Moyen-Age et les bâtisseurs d'empires de la Renaissance ?
On commença par interdire la Bible. Puis ce furent les médisances, des murs de calomnies qui devinrent murs de pierre et qu'on appela Ghetto. Puis ce furent les bûchers, l'Inquisition et bien plus tard les étoiles jaunes.
Auschwitz n'est qu'un exemple industriel de génocide. Mais il y a eu des génocides artisanaux par milliers. J'en aurais pour trois jours rien qu'à nommer tous les pogroms d'Espagne, de Russie, de Pologne et d'Afrique du Nord.
A force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n'est de nulle part !
Nous sommes, parmi les peuples, comme l'enfant à l'assistance publique : je ne veux plus être adopté. J'en ai assez que ma vie dépende de l'humeur de mes propriétaires. Je ne veux plus être un citoyen locataire. J'en ai assez de frapper aux portes de l'histoire et d'attendre qu'on me dise : " Entrez !"
Je rentre ! Et je gueule : je suis chez moi sur terre. Et sur terre, j'ai ma terre ! Elle m'a été promise, elle sera maintenue !
Qu'est-ce que le sionisme ? Cela se réduit à une simple phrase : "L'An prochain, Jérusalem !" Non, ce n'est pas un slogan du Club Méditerranée. Cette phrase est écrite dans la Bible. Le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde. Et les pères de Christophe Colomb, de Kafka, de Proust, de Marx, de Chagall et même de M. Kissinger, l'ont répété cette prière, ce cri, au moins une fois par an, le jour de Pâques.
Alors, le sionisme c'est du racisme ? Est-ce que "Douce France, cher pays de mon enfance" est un hymne raciste ?
Le sionisme, c'est le nom d'un combat de libération.
Dans le monde chacun a ses Juifs. Les Français ont les leurs : ce sont les Bretons, les Corses, les travailleurs immigrés. Les Italiens ont les Siciliens. Les Yankees leurs Noirs. Les Espagnols, leurs Basques. Nous ? Nous sommes les Juifs de tous !
A ceux qui me disent : " Et les Palestiniens ?" Je réponds : "Je suis un Palestinien d'il y a deux mille ans." Je suis l'opprimé le plus vieux du monde. Je discuterai avec eux mais je ne leur céderai pas la place. Il y a là-bas de la place pour deux peuples et deux nations. Mais les options politiques d'un gouvernement n'ont jamais remis en cause l'existence d'une nation, quelle qu'elle soit. Alors pourquoi Israël ?
Quand Israël sera hors de danger, je choisirais parmi les Juifs et mes voisins arabes, ceux qui me sont frères par les idées.
Pour l'heure, je me dois d'être solidaire de tous les miens, y compris de ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable : le racisme !
Descartes avait tort. "Je pense donc je suis", cela ne veut rien dire. Nous, ça fait 5 000 ans qu'on pense et nous n'existons toujours pas.
Je me défends, donc je suis !"