Blog de l'association France-Israël du Cher.
Cela fait, aujourd'hui, 1.826 jours, que
notre compatriote Guilad Shalit est otage du mouvement islamique radical Hamas. Son lieu de détention, ses conditions de vie, son état de santé sont inconnus. Les ravisseurs refusent, depuis 5
ans, toute visite de la Croix-Rouge Internationale. La dernière preuve de vie remonte à l'an 2009. Parce que l'oubli met en danger la vie d'un otage, l'association France-Israël du Cher a apposé
son portrait à Bourges.
Pour ce 5ème anniversaire, des manifestations ont lieu durant tout le week-end, à travers la France, pour tirer la situation de ce jeune franco-israélien de 24 ans de l'oubli. Le Berry ne manque pas à son devoir. Le 25 juin 2011, sur le marché de Châteauroux, l'association France-Israël de l'Indre faisait signer des messages de soutien de la population adressés aux parents de Guilad. L'Indre a ensuite gagné Bourges, pour se joindre à la manifestation berruyère.
Sur l'esplanade des Anciens Combattants d'A.F.N., les membres de l'association se sont réunis autour de l'arbre et de la stèle de la Déportation pour apposer un portrait de Guilad Shalit (ci-contre). Un geste symbolique pour rappeler qu'un Français est otage dans la Bande de Gaza, depuis 5 ans. Il vient s'ajouter à la liste, déjà longue, de nos compatriotes victimes d'une pratique que l'on souhaiterait voir disparaïtre : l'enlèvement. 7 otages sur le continent africains, deux en Afghanistan et Guilad au Proche-Orient.
Un texte, communiqué au représentant de la presse, a été lu par le Président de l'association France-Israël du Cher (ci-après). Il a rappelé les évènements qui ont entouré l'enlèvement de Guilad Shalit. Ce fut l'occasion de redire, à l'encontre d'une contre-vérité qui affleure et s'étale sur les différents médias, notamment électroniques, que Guilad Shalit est otage et non un prisonnier de guerre. A travers son Président, les membres de l'association ont exprimé leur souhait que Guilad fête son 25ème anniversaire, en août 2011, parmi sa famille et ses amis.
Soutien à Guilad Shalit, otage franco-israélien,
Texte lu
par l'association France-Israël du Cher
à Bourges, le 25 juin 2011
Le 25 juin 2006, à l'aube, un calme apparent régnait à Kerem Shalom, dans le désert du Néguev, le long de la frontière entre l'Etat d'Israël et la Bande de Gaza. Cela faisait bientôt un an qu'Ariel Sharon, Premier Ministre d'Israël, avait fait évacuer les implantations juives de Gaza, rétrocédant ce territoire dans son intégralité à l'Autorité Palestinienne. Celle-ci avait connu des mois chaotiques, après janvier 2006, à l'issue d'élections législatives portant au pouvoir le Hamas. Une guerre civile interpalestinienne faisait rage entre le Hamas et le Fatah. De fait, le Fatah régnait en Judée-Samarie et la Bande de Gaza devenait le fief de l'islamisme radical.
C'est à partir de la bande côtière de Gaza que les civils israéliens étaient bombardés, depuis la fin de l'an 2000, par des tirs de mortiers et de roquettes. Ces tirs continuaient malgré le retrait unilatéral d'Israël de Gaza, à la fin de l'été 2005. « La paix contre les territoires » ne restait qu'un slogan.
Tsahal patrouillait le long de la frontière pour prévenir des infiltrations et contrecarrer les plans des artificiers du Hamas. Des chars étaient déployés dans le Néguev, en ce 25 juin 2006. Leur mission : observer et attendre la relève. A leur bord se trouvaient des appelés du contingent, des jeunes gens d'à peine 20 ans qui remplissaient leurs obligations militaires, 3 ans pour les hommes, 2 ans pour les femmes.
Parmi eux se trouvait Guilad, âgé de 19 ans et natif de Nahariya, dans le nord du pays. 1 mois et 1 jour plus tard, il aurait 20 ans. Comme son frère aîné, il avait voulu intégrer Tsahal malgré un profil médical jugé faible par les autorités. Cela ne l'empêcha pas, après quelques mois d'armée, d'être promu caporal dans les blindés.
Né en Israël, Guilad Shalit est un sabra. Il n'en est pas moins français et compte au nombre des expatriés représentés au Palais du Luxembourg à Paris. Il avait neuf ans quand l'assasinat d'Itzhak Rabin avait ébranlé la société israélienne. Malgré les attentats des organisations palestiniennes et le baroud d'un groupuscule exalté, Israël voulait croire au processus d'Oslo. Guilad appartient à la génération d'Oslo. En classe de CM2, il rédige un conte intitulé « Le requin et le petit poisson » qui témoigne de l'espoir d'un avenir de paix au-delà des préjugés. Un devoir sur table qui tranche avec les manuels scolaires palestiniens, à la même époque, qui appellent les enfants de l'Autorité palestinienne au martyre et à la haine d'Israël et des Juifs.
Ces manuels palestiniens, financés par l'Union européenne, sont ceux avec lesquels avaient été éduqués les huit membres du commando palestinien qui surgit, en ce dimanche 25 juin 2006, d'un tunnel creusé entre Gaza et le territoire israélien. Une centaine de mètres les séparait de leurs cibles. Alors que deux groupes s'en prenaient à un véhicule blindé et à un poste d'observation de la patrouille du désert, blessant trois soldats, le troisième groupe attaquait un char, en tirant un missile et des grenades. Le commandant et un soldat furent tués au cours de l'assaut. Un autre soldat fut grièvement blessé.
Guilad Shalit, également blessé à l'épaule, est tiré du char par le commando qui s'enfuit sous le tir des soldats qui se portent à la rescousse de leurs camarades.
Ainsi a débuté la prise d'otage de Guilad Shalit. C'est une prise d'otage et non une prise de guerre. Les circonstances de l'enlèvement et la condition de secret qui entoure la situation de Guilad Shalit violent les trois conventions de Genève. En l'absence de situation de conflit opposant des corps d'armée engagés dans un combat ouvert, les éventuels prisonniers sont assimilés à des civils. En violant la frontière pour aller kidnapper Guilad Shalit, citoyen franco-israélien, en territoire israélien, ses ravisseurs, ainsi que ceux qui les soutiennent, ont commis un crime de guerre. De plus, en privant la Croix-Rouge Internationale de la possibilité de s'assurer de la santé et des conditions de détention de Guilad Shalit, ainsi qu'en le privant de toute communication avec sa famille (par échange de colis et de courriers), ses ravisseurs ne le traitent pas en prisonnier de guerre, second crime de guerre. En outre, en se livrant à une prise d'otage, ses ravisseurs ont perpétré le crime de droit commun d'enlèvement et de séquestration. Ces conclusions ont été posées par Kofi Annan, secrétaire général de l'O.N.U., en 2006, et réaffirmées par son successeur, Ban Ki-Moon.
Quatre groupes terroristes ont revendiqué l'enlèvement : les Brigades Izzedine El Qassem (le Hamas), le Comité de Résistance Populaire (proche du Fatah), le Jihad Islamique (branche palestinienne du Hezbollah libanais) et l'Armée de l'Islam. Le Hamas, qui a établi, depuis 2006, un régime totalitaire islamique dans la Bande de Gaza, fait, depuis 5 ans, peser un odieux marchandage sur la tête de Guilad Shalit, réclamant la libération de terroristes détenus en Israël pour avoir pris pour cible des civils israéliens. Le Hamas, opposé à toute négociation de paix, refusant toute reconnaissance de l'Etat d'Israël et faisant de tous les Juifs à travers le monde une cible, met en scène son otage dans des films et des animations débordant de haine anti-israélienne et antisémite. Il y a peu de distance entre un crime de guerre et un crime contre l'humanité.
Guilad Shalit a entamé son 1.826ème jour de captivité. Il n'aura connu de ses vingt ans que la condition d'otage. Trois preuves de vie on été diffusées par les ravisseurs, en 2007, 2008 et 2009. Depuis le silence s'est abattu sur lui. Un silence assourdissant auquel contribue le rappel des jours de captivité d'autres otages, en Afghanistan, obérant la situation de tous les autres français victimes de cet esclavage médiéval. Certes, Guilad n'est pas journaliste. Il n'est pas non plus un ancien mannequin. Guilad est juif, israélien et français. Il est notre compatriote. Il est homme. Il mérite d'être soutenu. L'oubli pour un otage, c'est sa mort.
Depuis l'enlèvement de son fils, Noam Shalit se bat pour la libération de Guilad. Il a sollicité les gouvernements français et israéliens pour qu'ils agissent en vue d'obtenir le retour de Guilad parmi les siens. Les promesses électorales, les actions diplomatiques, les incursions militaires et les médiations étrangères n'ont, à ce jour, pas abouti. Conscient que le temps jouait contre la survie de Guilad, sa famille a planté une tente devant la résidence du Premier Ministre Israélien, à Jérusalem, afin que ce dernier n'oublie pas qu'une famille attendait le retour de son fils. En 2010, Noam Shalit a demandé aux organisateurs de la flotille de la prétendue paix, notamment à la délégation française, de porter une lettre aux preneurs d'otage. Ceux-ci lui ont opposé une fin de non-recevoir.
Alors que Guilad Shalit s'apprête à entamer sa cinquième année de captivité, son père se tourne vers la justice. En ce début du mois de juin, Noam Shalit vient de se constituer partie civile auprès des tribunaux français, en portant plainte pour enlèvement et séquestration. Alors que la France se dit prête à oeuvrer pour la paix au Proche-Orient, elle ne peut pas faire l'économie de la situation de Guilad Shalit.
En ce 1.826ème jour de captivité, nous sommes réunis pour témoigner de notre soutien à Guilad Shalit et à sa famille. Nous affirmons notre refus d'une pratique, la prise d'otage, qui déshumanise l'homme, le réifie en le réduisant à une chose monnayable. Nous dénonçons cette pratique esclavagiste qui choque les droits naturels et fondamentaux de l'être humain. Nous condamnons les auteurs clairement identifiés, à savoir le mouvement islamique du Hamas, ainsi que leurs complices et leurs soutiens à travers le monde, fauteurs de guerre, de haine et de mort. Nous demandons le retour immédiat de Guilad Shalit parmi les siens.
Rassemblés, en ce 25 juin 2011, devant l'arbre de la déportation, nous traçons symboliquement le lien qui existe entre les victimes de la barbarie nazie et le sort de Guilad Shalit. Comme naguère le nazisme niait l'humanité des nations non-germaniques et celle de tous ses opposants, l'islamisme radical nie aux israéliens, aux juifs, aux chrétiens, aux athées et à tous ses opposants leur humanité. Honte à ceux qui soutiennent et glorifient, en France et dans notre département, des criminels mûs par des considérations raciales ! Honte à ceux qui ne veulent pas voir ! Honte à ceux qui ne veulent pas dire !
Mais, hier comme aujourd'hui, des hommes et des femmes se lèvent pour dénoncer l'intolérable. Ce sont des Justes qui voient dans leur prochain, qui leur est autre, non pas un étranger mais un être humain. Ils n'oublient pas la responsabilité qui leur incombe de garantir sa vie. Sans même en avoir conscience, ils appliquent ce commandement prophétique : « Qui sauve une vie, sauve l'univers tout entier ! »
En nous levant, aujourd'hui, pour tirer Guilad Shalit de l'oubli, pour sauver sa vie et le ramener à sa famille, malgré l'adversité, nous sauvons notre part d'humanité.